L'instabilité ministérielle dont est victime le Brésil depuis cet été est en grande partie causée par des scandales de #Corruption dans la classe politique. D'abord, c'est Dilma Rousseff qui a été destituée suite aux révélations sur ses relations avec les grands groupes industriels du pays. Aujourd'hui, celui qui l'a provisoirement remplacée à la tête de l'Etat, son ancien vice-président qui a participé à sa procédure de destitution, Michel #Temer, se retrouve lui aussi piégé par un nouveau scandale de corruption. A croire que dans ce pays tous s'incriminent alors qu'ils sont coupables des mêmes fautes.

Origine du scandale

L'origine du scandale est un événement qui s'est déroulé en mai 2014, alors que Michel Temer n'était encore que vice-président.

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Il avait reçu, un soir, dans son palais de Brasilia, Marcelo Odebrecht, héritier annoncé du groupe de BTP qui porte le même nom. Parmi les apparatchiks invités ce soir-là, il s'était adressé directement à lui pour lui demander de l'argent. Combien ? 10 millions de reais brésiliens, soit près de 2.8 millions d'euros. Ce soir-là, d'autres complices sont présents et assistent à cette scène autour d'un bon dîner, comme Eliseu Padilha, un des cadres du Parti du mouvement démocratique brésilien. A cette époque, il avait des ambitions mais regrettait de ne toujours pas être au gouvernement. Aujourd'hui, il se retrouve propulsé sur le siège de Premier ministre, ou ministre de la Casa civil.

Ces informations ont été dévoilées par le groupe de BTP Odebrecht lui-même, dont les plus éminents cadres se retrouvent devant la justice.

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Ils espèrent ainsi, en faisant ces aveux, obtenir un allègement ou une remise de leur peine. Malheureusement pour l'éphémère gouvernement brésilien de transition, ces aveux ont fuité dans la presse, provoquant un scandale national. C'est un nouveau choc pour les Brésiliens, qui espéraient avoir affaibli la corruption de leurs politiciens avec la destitution de Dilma Rousseff.

Fragilisation d'un gouvernement déjà instable

On l'a bien vu lors des manifestations du printemps 2016, les Brésiliens sont capables de tout une fois déçus par leurs représentants. Ce sont ces manifestations qui avait mené à la chute de Dilma Rousseff. 6 ministres ont déjà dû démissionner, touchés de près ou de loin par d'autres scandales de corruption. Le conseiller de Michel Temer, suspecté d'avoir lui-même reçu une partie de ces 10 millions de reais, qui s'est décidément rendu compte que le président était indéfendable, a lui aussi présenté sa démission mercredi. Il est plus que probable qu'une nouvelle révolution par la rue ait lieu : certains Brésiliens souhaitent la démission de Michel Temer et demandent déjà la tenue d'élections anticipées. La corruption n'est pas une question de partis dans ce pays émergent, et c'est ce que tous regrettent, déçus par la gauche et par la droite brésilienne au même niveau.