Info ou ''intox'', soit argumentaire outrancier ? Les sites proposant à des pétitionnaires de toucher davantage de signataires ont fleuri un peu partout depuis quelques années. Mais deux, d’origines nord-américaines, sortent du lot : #Avaaz et Change (toutes deux en extension org, pour organisation). Elles sont multilingues (16 pour Avaaz), agrègent parfois jusqu’à trois millions de signatures, sont soutenues par des personnalités, des ONG, &c. Avaaz fête ses dix ans mais serait — le conditionnel s'impose — menacée de disparaître. C’est du moins ce qu’affirme Ricken Patel, le fondateur anglo-canadien de ce site dont l’intitulé signifie ‘’la voix’’ (en persan notamment).

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Avaaz compte près de trois millions de membres français sur un total d’environ 44, chiffre en croissance constante.

Donald Trump rancunier

Il est avéré qu’Avaaz a donné quelque peu du fil à retordre à #Donald Trump et poursuit son opposition, par exemple avec une #pétition visant à préserver l’accord de Paris sur le changement climatique. Donald Trump va-t-il faire détruire Avaaz, de manière légale (on se demande comment), ou autoritaire (en faisant lancer une cyberattaque, par exemple) ? Tous les serveurs étant situés aux États-Unis, le fondateur et son équipe envisagent de migrer au plus vite. Vers où ? On ne sait. Quand ? Avant l’investiture du futur président. D’où cet appel pressant à des dons s’échelonnant entre moins d’un euro jusqu’à une trentaine. Ricken Patel remémore que, pour s’opposer à WikiLeaks, l’administration américaine avait obtenu des consortiums de paiement en ligne (Visa, Mastercard, Paypal, &c.) qu’ils cessent de traiter les dons.

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Ce fut effectif une année durant. Patel laisse aussi entendre que des mouvements d’extrême-droite ou des pays considérant son existante gênante pourraient pirater et détruire les données recueillies. L’argument n’est pas tout à fait simplement ad hoc pour recueillir des dons…

Équipes internationales

Comme Change (qui emploie deux Françaises en France), Avaaz est pilotée par des équipes internationales ce qui entraîne des frais de rémunération s’ajoutant aux frais techniques. Mais Avaaz intente aussi à l’occasion des actions judiciaires. Ou intervient directement ou via des agences de relations publiques. L’organisation avait ainsi tenté d’empêcher Stephen Bannon (le conseiller spécial de Donald Trump) de voter en Floride, arguant qu’il avait donné une fausse adresse dans cet État. C’était un peu dérisoire mais attirait l’attention sur le fait que Bannon aurait pu voter deux fois (en aussi un autre État) alors que Donald Trump ne cessait d’affirmer sans preuve que les démocrates organisaient des trucages électoraux.

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Avaaz a été un temps financée par George Soros qui fait figure de super-épouvantail pour diverses formations nationalistes (et parfois nettement xénophobes). On peut penser que l’organisation bénéficie d’autres soutiens qui se mobiliseraient si elle était poursuivie en justice, notamment pour avoir appelé les électeurs expatriés à s’enregistrer et à ne pas voter Donald Trump. Avaaz est juridiquement une charity (une fondation caritative ou une association sans but lucratif) mais il est improbable que Donald Trump ait voulu attendre d’être président pour engager des poursuites (une telle association n’est pas censée soutenir un parti, un candidat à des élections). Mais il est ardu d’évaluer la réalité de la menace dénoncée par Avaaz. Ou de déterminer si l’organisation va vraiment changer de locaux et faire migrer toute sa direction hors des États-Unis.