Mandatés par eux-mêmes, trois parlementaires français, Cécile Duflot, Hervé Martiton (soutien d’Alain Juppé à la primaire de la droite), Patrick Mennicci (PS, Marseille), attendent le feu vert des autorités turques depuis hier pour se rendre à #Alep. Ils sont accompagnés par Jacques Boutault (maire EELV du 2e ar. de Paris). Ils se trouvaient ce matin à Kilis, une ville frontière du sud de la Turquie mais devraient pouvoir visiter un camp de réfugiés à Nizip (province de Gaziantep) dans la journée. Cette initiative n’est pas officiellement soutenue par l’Assemblée nationale ou les partis auxquels les trois députés appartiennent. Elle intervient alors que les Russes, soutenant le régime Assad, et les Turcs, alliés de l’Armée syrienne russe, négocient un cessez-le-feu.

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Cela pourrait permettre un passage sécurisé de la frontière, puis de se rendre à Alep. Toutefois, au cours des précédents cessez-le-feu, des tireurs embusqués ont continué de viser des civils…

Alep très bientôt reprise

La ville d’Alep, longtemps partagée en deux avec d’un côté les forces armées syriennes, de l’autre, essentiellement les rebelles et des milices kurdes, est en passe d’être totalement reprise par le régime à l’issue de quatre ans de combats. Selon les rebelles n’ayant pas évacué, l’armée syrienne se livre à des exécutions permanentes dans les quartiers conquis, s’en prenant tant aux combattants capturés qu’à des civils présumés avoir tenu des fonctions administratives ou autres, voire d’être simplement liés de près ou de loin aux rebelles. Parfois, les victimes n’ont que la malchance de s’être trouvés dans la ligne de mire de soldats syriens ou d’être restés dans leurs demeures.

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Seul, le secteur kurde, au nord de la ville, semble encore tenir. Mais les dernières poches de résistance des rebelles, au sud, sont coupées de ce secteur qui se restreint. Les immeubles sont bombardés depuis le ciel ou par l’artillerie et pratiquement tout l’est de la ville est détruit ou très fortement endommagé. Les civils sont aussi regroupés dans ce qui évoque des camps de détention improvisés. On ne sait si un accord entre Russes et Turcs impliquerait ou non les forces du régime Assad qui pourraient refuser de laisser évacuer les civils. La Croix Rouge internationale, l’Onu et le Vatican, tentent aussi d’obtenir un arrêt des combats. Dans les zones encore sous contrôle des rebelles ou qui l’étaient encore récemment, plus aucun ravitaillement n’est acheminé. La reprise totale d’Alep semblait, ce 13 décembre vers midi, n’être plus qu’une question d’heures. Selon le ministère russe de la Défense, près de 2 200 rebelles se seraient déjà rendus…

Peu d’espoir pour les civils

Selon Marine Tondelier (EELV, Hénin-Beaumont), qui répercute les déclarations de la délégation française, la situation des réfugiés ayant pu gagner le camp de Kilis en Turquie est très préoccupante.

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#Cécile Duflot, encore en contact avec des salariés d’ONG obtenant des informations depuis Alep, la ville serait le cadre d’actions ‘’sidérantes d’atrocité’’. Russia Today (RT en français) répercute sur son site les nombreux tweets conspuant la délégation ou pour le moins s’en gaussant, voire en qualifiant les membres de ‘’pro-islamistes’’. David Rachline (Front National, Fréjus) commente : ‘’que les pieds nickelés Duflot, Mennucci et Mariton rentrent vite’’ tandis que Thierry Mariani (LR) s’interroge (‘’amateurisme ou coup médiatique ?’’). En début d’après-midi, selon Al-Masdar News, les rebelles ont perdu plus de 98% de leur emprise et ne contrôlent plus qu’un périmètre d’environ 3 km². Les milices shiites iraniennes feraient preuve, selon The Independent, relayant des activistes, de la plus grande férocité. Les rebelles les combattants ou les civils les affrontant envisageraient davantage le suicide que la capture pour éviter les tortures. La rédaction de The Independent a perdu trace de la plupart de ses correspondants dans la ville. #Hervé Mariton