Les circonstances de l’assassinat de Petr Polshikov, tué d’une balle dans la tête par un inconnu ayant laissé son arme sur place, restent mystérieuses. Ce diplomate, chargé de l’Amérique latine au ministère russe des Affaires étrangères, a été découvert mort, sans doute par sa femme qui se trouvait aussi à son domicile de Moscou, peu après la diffusion de l’assassinat de l’#ambassadeur russe auprès de la #Turquie, à Ankara, hier 19 décembre. Aucune revendication n’a été diffusée…

La piste du Fetö

La police turque a procédé à l’arrestation des proches de Mevlüt Mert Alintas, l’exécuteur de l’ambassadeur Andrei Karlov. L’homme, un policier, avait pris pension dans un hôtel proche du Centre d’arts contemporains d’Ankara que l’ambassadeur visitait.

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Il a pu éviter de passer sous le portique de détection en montrant sa carte professionnelle. Il a pu décharger 11 fois son arme, en vociférant des menaces, mentionnant les bombardements d’Alep. Si les autorités turques ne précisent pas ses autres motivations, ou d’éventuels commanditaires, la presse évoque l’organisation güleniste à laquelle est attribuée le coup d’État avorté du 15 juillet dernier. Le Fetö, ou Fethullahist Terrorist Organization, a vu la plupart de ses membres encore en Turquie emprisonnés, mais les purges se sont étendues à des milliers d’opposants présumés, puis aux élus du parti considéré proche des nationalistes kurdes. La supputation d’un lien entre le jeune policier et le Fetö repose sur le fait que son chef, qui lui avait accordé un congé, avait été arrêté, comme tant d’autres, aux lendemains du coup d’État.

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Et comme tous les policiers sous ses ordres, le tueur avait été entendu. Il avait été d’ailleurs suspendu de ses fonctions le 4 octobre dernier mais réintégré le 16 novembre. Dans la confusion de l’attentat, les nombreux policiers ayant tiré sur leur collègue n’ont pu le neutraliser : il est mort des suites de ses blessures, sans révéler s’il avait bénéficié de complicités.

Enquête conjointe

Les services russes ont obtenu de pouvoir suivre l’enquête sur place. Une équipe de 18 personnes est arrivée à Ankara avant qu’il soit procédé au rapatriement de la dépouille de l’ambassadeur. Pour le moment, les parents du policier ainsi que sa sœur restent interrogés. Son oncle, qui avait déjà entendu lors des purges, a été relâché. Trois autres suspects, possiblement des collègues ou des proches du meurtrier, restaient aussi détenus ce mardi. Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur turc a fait savoir que, la semaine dernière, il avait été procédé à 924 arrestations à travers 45 provinces. Mais les suspects sont principalement des Kurdes.

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Des armes ainsi que des stupéfiants et des stocks de cigarettes ont été saisis. Les investigations ont aussi visé des islamistes suspectés d’avoir des liens avec le califat de Syrie et d’Irak. Plus de 2 000 migrants, dont certains se livraient à de la contrebande, ont de même été contrôlés. Les bâtiments diplomatiques russes, étasuniens et iraniens font désormais l’objet d’une protection renforcée. Alors que le maire d’Ankara, réputé pour ses déclarations intempestives, a évoqué la responsabilité du Fetö, Fethullah Gülen, réfugié aux États-Unis et dont la Turquie réclame vivement l’extradition, a condamné ‘’cet acte terroriste odieux’’. Comme dans le cas des attentats au camion de Nice et de Berlin, des conspirationnistes ont fait état d’un #Complot impliquant des services secrets occidentaux ou israéliens en avançant des éléments des plus farfelus en guise d’indices voire de ‘’preuves’’. Il s'agirait de déstabiliser le rapprochement entre la Russie et la Turquie ou de renforcer la menace des islamistes afin de mieux contrôler les populations. Chaque démenti successif, chaque évidence contredisant ces allégations sont suivies de nouvelles et les théoriciens du complot ne désarment jamais.