C'est l'une des dernières rencontres de Barack Obama avec un dirigeant étranger : ce mardi, c'est au tour du premier ministre japonais de faire ses adieux au président sortant américain, et pas pour n'importe quelle occasion. En effet, le 7 décembre 1941, sans préavis de début des hostilités, l'armée impériale japonaise avait lancé une attaque surprise sur le principal port militaire américain : Pearl Harbor. Ce jour, qualifié de "jour de l'infamie" par le président Roosevelt, à l'époque, est resté gravé dans les mémoires comme un acte honteux, contraire à toutes les lois de la guerre. Bref, une raison de plus pour que le premier ministre japonais rende hommage aux victimes américaines 75 ans après le drame.

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C'est aussi une manière de remercier la présence de Barack Obama à Hiroshima pour commémorer le bombardement nucléaire du 8 août 1945.

De lourdes pertes

Le plan de l'amiral japonais Yamamoto, l'un des soldats de marine les plus prometteurs de l'époque, était simple et efficace : déroger aux conventions de la guerre pour surprendre les Américains et détruire leur flotte avant l'entrée en guerre officielle. Les Américains, qui avaient soumis le Japon à un long embargo et à des sanctions économiques pour punir ses avancées impérialistes en Asie, n'étaient pas préparé et ont payé un lourd tribut. Résultat : 2 cuirassés et un bateau cible coulé, 6 autres cuirassés endommagés, 5 navires endommagés, 188 avions détruits, 155 autres endommagés. De sorte qu'une bonne partie de la flotte américaine reposait au fond du port de Pearl Harbor juste avant le début de la guerre du Pacifique face au Japon.

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Les Américains étaient donc mal partis dans la guerre. Ce que l'on retient surtout, c'est le bilan humain : 2403 tués ou disparus. Face à l'attaque surprise, la défense a été trop lente : la soixantaine de soldats japonais tués était constituée de kamikazes. 5 petits sous-marins japonais ont été coulés, et seulement un sous-marinier a été capturé vivant.

Un hommage sans excuse

Lors de sa visite à Hiroshima, Barack Obama n'avait pas présenté d'excuses de la part des Etats-Unis. De même, Shinzo #Abe ne présente pas d'excuses ce mardi à Pearl Harbor. C'est juste l'occasion de condamner la guerre et ses horreurs, de rendre hommage aux victimes et de réaffirmer les liens d'amitié entre deux anciens ennemis. Etrange quand on sait que ce même premier ministre japonais, contre son opinion publique, fait des pieds et des mains depuis des années pour réviser la Constitution pacifiste de son pays. Il envisage en effet de pouvoir créer une nouvelle armée japonaise autonome, alors que depuis 1945 les Américains ont imposé au Japon une Constitution lui empêchant de reformer une armée impériale qui repartirait à la conquête de l'Asie.

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On se doute néanmoins que le souhait de M. Abe n'est pas de conquérir le reste de l'Asie mais plutôt d'avoir un moyen de se défendre face aux ambitions chinoises et nord-coréennes, sans dépendre de l'allié américain.

De toute manière, si Shinzo Abe avait voulu présenter ses excuses aux Américains au nom du Japon, cela l'aurait rendu très impopulaire dans son pays. Car à sa droite, on n'attend qu'une erreur de sa part pour en finir avec lui. En effet, un influent mouvement politique japonais, qui se classe à la droite de celui de M. Abe, voit l'entrée en guerre du Japon contre les Etats-Unis comme un événement inévitable au vu des sanctions économiques américaines prises contre l'Empire du Soleil Levant.