Ce n’est pas d’hier que le couple #al-Qaida-#Daesh battait de l’aile. Mais, là, le divorce est consommé. Plus question que l’un félicite l’autre pour une tuerie d’enfants, comme lors de divers attentats. Maintenant que le torchon brûle, tant al-Quaida que Daesh vont en massacrer davantage, surtout des enfants chiites, histoire de faire mieux valoir la légitimité de leurs revendications. Car selon le très ''bienheureux'' Amayn al-Zawahiri, successeur présumé de Ben Laden, son ex-concubin Abou Bakr al-Bahadadi (dit aussi Ibrahim al-Badri), se répandrait en calomnies perfides, en infamies pernicieuses et autres calembredaines sur son compte. Quoi, lui, Ayman al-Zawahiri entretiendrait une liaison avec des chrétiens ? Épargnerait des enfants chiites ? Il s’agit d’une ‘’campagne de déformation des faits, de peur et d’intimidation’’, a-t-il commenté dans un message audio diffusé hier jeudi par les sites d’al-Qaida.

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Certes, consent-il à concéder, il veut bien que des chrétiens subsistent dans les territoires qu’il contrôlerait, mais selon la charia, afin qu’ils travaillent et paient l’impôt. D’accord, il a incité à viser en priorité des cibles militaires ou policières. Mais jamais, au grand jamais, d’éviter les victimes collatérales de tous genres et de tous âges… Daesh ne profère donc que des menteries. Pas question d’épargner les chiites ou les autres…

Plus pieux que toi

Holier than thou (plus sain, mieux pieux que toi…), dit-on en anglais. C’est désormais l’enjeu du conflit entre al-Qaida et Daesh. Comme la première nébuleuse était en perte de vitesse et que la seconde peut désormais difficilement recruter pour grossir les rangs de son califat encerclé de Syrie et d’Irak, chacune va désormais tenter de prouver qu’elle est plus meurtrière que l’autre.

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En débinant son ex. Car le califat fut une émanation d’al-Qaida et a souvent depuis collaboré, notamment en Syrie, avec les rebelles au régime se proclamant aussi issu de cette mouvance. En fait, le canal historique que représente al-Qaida misait sur de multiples foyers d’insurrection djihadiste tandis que le califat s’est émancipé de cette doctrine en se laissant davantage piéger sur un territoire circonscrit. Ce au prix de quelques accommodements initiaux. Daesh a longtemps fui l’affrontement direct avec les milices chiites ou kurdes, s’en prenant surtout aux sunnites. Sur les terrains extérieurs, Daesh est très peu regardant sur les recrutements, al-Qaida recherchant des djihadistes sûrs et agissant de manière coordonnée, sur instruction d’un pouvoir central approuvant les cibles et le mode opératoire. L’attentat de Nice (ou de Berlin) fut plus ou moins improvisé, profitant de circonstances, sans directive précise. Celui visant Charlie Hebdo fut certes insuffisamment préparé mais mieux prémédité, et a frappé une cible identifiable à plus forte portée symbolique.

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En viendra-t-on à des revendications d’assassinats prématurées suivies de démentis de l’autre partie sur le mode ‘’cé pa sui kildi ki la fait’’ ? Ce qui semble sûr, c’est que le rififi dans la oumma risque d’entraîner une surenchère. Mais il s’est produit aussi des affrontements directs, comme en novembre 2014 entre la Brigade des martyrs de Yarmouk (Daesh) et le Front al-Nosra (al-Qaida). Savoir s’il s’agissait d’un affrontement réellement idéologique ou d’un différend économique reste malaisé. Côté #Boko Haram, en Afrique, des dissensions se sont aussi fait jour. Deux de ses dirigeants avaient proclamé être chacun le seul et unique chef, l’un aurait été capturé, et des combattants se rendent à l’armée du Nigeria. Quant au Maghreb et à la Libye, on ne sait plus trop qui fait allégeance à qui, qui a pris son autonomie. Pour la Libye, on ne sait à qui les rescapés des djihadistes de Syrte se rallieront (factions libyennes, rebelles tchadiens…) ou s’ils pourront se regrouper dans le sud du pays. L’autre inconnue sera l’attitude du Mossad israélien, plus soucieux de contrer le Hezbollah chiite qu’al-Qaida…