Birmingham a été sur toutes les lèvres la semaine dernière avec les attentats de Londres qui ont fait quatre morts et une cinquantaine de blessés. Dans une ville où elle représente 34% de la population, la diaspora musulmane ne se contente pas d'un rôle de second plan. Mais c'est surtout la présence islamiste qui inquiète les autorités. C'est à Birmingham que le tueur, Khalid Masood, avait élu domicile. Et des huit arrestations qui ont suivi l'attentat, sept y ont été effectuées.

Des auteurs des attentats de Paris et de Bruxelles, membres de la cellule belge, ont aussi transité par cette ville. À commencer par Mohammed Abrini, celui que l'on qualifie de logisticien des attentats du 13 novembre 2015 et qui fut aussi impliqué dans ceux de Bruxelles.

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À Birmingham, Abrini s'était fait remettre 3000 livres par, entre autres, Zakaria Boufassil, reconnu coupable en 2016 d'avoir participé au financement du #Terrorisme. Mais la somme provenait d'un compte bancaire appartenant à Anouar Haddouchi, installé à Birmingham depuis 2009, mais parti en Syrie depuis pour rallier l'État islamique. Abrini avait été envoyé dans la ville anglaise par Abdelhamid Abaaoud, un commanditaire des attentats de Paris.

Des djihadistes à la pelletée

Birmingham a d'abord accueilli des membres du Groupe islamique armé d'Algérie, puis des islamistes afghans au tournant des années 2000. Al-Qaida y assurait également une présence: Moinul Abedin avait été arrêté en novembre 2000 après que la police eut découvert dans une propriété qu'il avait louée à Birmingham près de 100 kilos de produits chimiques utilisés dans la fabrication d'explosifs.

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Un autre, Rashid Rauf, avait été arrêté en 2006 relativement à un complot sur dix avions de ligne à destination de l'Amérique du Nord. Puis onze personnes, toutes originaires de la même ville et approchées par deux recruteurs d'Al-Qaida, avaient été condamnées à de lourdes peines de prison en 2013 pour avoir planifié des attentats suicides.

La même année, deux autres cellules djihadistes avaient été démantelées dans la deuxième ville anglaise. D'abord, trois hommes avaient été condamnés en février pour avoir planifié un attentat d'envergure. Ensuite, six extrémistes avaient admis avoir planifié une attaque sanglante contre un rassemblement d'extrême droite, laquelle attaque n'avait finalement pas eu lieu.

En 2015, deux autres hommes originaires de Birmingham, Gabriel Rasmus et Anas Abdalla, avaient été condamnés à plusieurs années de prison pour avoir prévu de se joindre à l'État islamique.

Des mosquées et des hommes

Dans les quartiers de Sparkbrook, Washwood Heath et Alum Rock, de nombreuses mosquées s'imposent dans le paysage urbain.

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Anjem Choudary, un avocat musulman qui avait cofondé l'organisation Al-Muhajiroun, bannie du Royaume-Uni, y avait effectué plusieurs prêches. Choudary avait, entre autres choses, appelé à la lapidation des homosexuels et déclaré vouloir faire une prière à la mémoire d'Oussama bin Laden. Avant d'être écroué en septembre 2016, il avait exprimé son soutien à l'État islamique.

À la mosquée de Green Lane, un autre prédicateur en avait aussi contre les homosexuels, mais pas seulement. Abu Usamah, qui avait préconisé la constitution d'un État islamique en Occident qui «abolirait les lois créées par l'homme» pour ne mettre en pratique que les «lois de l'#Islam», avait soutenu que les homosexuels méritaient de mourir et que les femmes étaient toutes «déficientes».

La mosquée Brixton, elle, avait autrefois été fréquentée par Zacarias Moussaoui, reconnu coupable aux États-Unis de complot relié aux attentats du 11 septembre 2001, ainsi que par Richard Reid, un terroriste qui avait tenté de faire exploser, en 2001, le vol 63 d'American Airlines reliant Paris à Miami à l'aide d'explosifs dissimulés dans ses chaussures. #Djihad