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Le 27 novembre Macron arrive au Burkina Faso, ensuite il se rend en Côte d’Ivoire pour assister au sommet Euro-Afrique et il termine sa visite le 30 novembre au Ghana. Ce n’est pas la première fois que Macron se rend en Afrique, il est allé au Mali immédiatement après son élection pour saluer les troupes de la force Barkhane. Cette action politique n’était pas inopportune. Elle traduisait dans les faits le renforcement de la présence française en Afrique à travers la Françafrique, mais elle envoyait aussi un autre message : la France est gardienne du pré carré et elle développe une politique conforme à ses intérêts économiques.

Entre la ruse et la force comme variables stratégiques, la France utilise les deux leviers pour réaffirmer la présence française, même si Macron estime que cette présence doit être réorientée stratégiquement et préserver les intérêts français.

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Son voyage a été préparé par le comité MEDEF international France par le CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique) et par le CPA (Conseil présidentiel pour l’Afrique), structure créée par Macron, pilotée par l’ancien ambassadeur béninois et ex-préfet Jules-Armand Aniambossou et ayant pour mission de le conseiller sur les dossiers et les priorités nouvelles dans la relation entre l’Afrique et la France.

Le sommet Euro-Afrique est finalement un sommet France-Afrique

Au-delà des problèmes budgétaires que pose à la Côte d’Ivoire l’organisation de ce sommet, certaines sources informées, comme la Lettre du Continent dans sa livraison du 22 novembre, pensent que le coût initial de 11 milliards d’euros, dont 4 ont été déjà payés par la Côte d’Ivoire, sera largement dépassé pour atteindre les 20 milliards et la Côte d’Ivoire, en bonne fille et élève de la Françafrique, demande à la mère France d’apporter le complément.

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Pour un sommet Euro-Afrique, c’est quand même bizarre que la France soit toujours appelée au dernier moment pour satisfaire les démarches grandioses de la plupart des dirigeants africains qui souhaitent plaire à l’Occident. Si on sort de la cuisine budgétaire et avant d’exposer l’agenda de ce que pourraient être les éléments de débat du Président Macron, on peut noter que la Françafrique perdure. L’Afrique francophone indépendante depuis les années 60 a beaucoup de mal à faire sans la France qui le sait et qui défend ses intérêts comme le disait naguère le Général De Gaulle. Pour le Général, la France n’a pas d’amis, elle n’a que ses intérêts à défendre, ce que n’arrivent pas à comprendre la plupart des pays africains francophones qui ont beaucoup de mal à réfléchir par eux-mêmes sur les problèmes du développement économique, des migrations, de l’utilisation des opportunités de l’économie verte et de l’organisation à l’échelle industrielle de l’agriculture.

En allant au Ghana, Macron amplifie par la ruse la stratégie de la France qui consiste par pragmatisme à approfondir les relations avec la zone anglophone africaine. Depuis les années 70, mais surtout 80, cette politique de diversification des investissements français en Afrique est à l’œuvre et des entreprises aussi importantes que Total ou Vinci sont présentes au Nigéria et dans certains pays anglophones.

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Les pays francophones d’Afrique, comme d’habitude, estiment que la France trahit un pacte, ce qui n’est pas le cas car la France défend d’abord ses intérêts.

Quelques sujets à l’agenda de Macron lors du sommet Euro-Afrique

On peut parier que Macron va s’inscrire en contrepoint de la stratégie de Hollande qui avait fait du volet sécuritaire le pan entier de la politique étrangère de la France en Afrique. Macron ne sous-estime pas ce volet sécuritaire, il a reçu à Paris plusieurs membres du G5 Sahel, il va conforter la présence française en Afrique malgré les problèmes liés au matériel militaire, mais il va surtout décliner un partenariat stratégique d’un type nouveau dans lequel les pays africains, habitués à être trop assistés, doivent être plus responsables dans les domaines de la bonne gouvernance politique et démocratique.

La jeunesse sera forcément mise au cœur de l’analyse du discours de Macron car il estime que c’est de là que viendra le sursaut de l’Afrique par la dynamisation de l’entreprenariat, le développement des opportunités afin de sédentariser les migrants tentés par le rêve fou d’Europe et de France. Macron va poursuivre les résultats des COP21 (France), 22 (Maroc) et 23 (Allemagne) en indiquant aux Africains que l’économie verte est source d’opportunités pour le continent africain. Macron sera-t-il entendu par les gérontes africains au pouvoir qui rechignent à l’alternance politique mais qui ne proposent rien depuis les indépendances à leurs pays respectifs qui restent à la traîne dans le concert des nations. #Union africaine #Abidjan #Union Européenne