On les accuse souvent de ne pas voir plus loin que le bout de leur caisse enregistreuse. Pourtant frappés économiquement de plein fouet par la situation actuelle qui, dès mercredi, a coupé net l'habituel élan consumériste des soldes, beaucoup de commerçants du centre ville de Montpellier ont tenu à manifester leur soutien aux victimes de l'attentat à Charlie Hebdo et à la liberté d'expression.

Cette après-midi, pourtant troisième jour de soldes, les rues de l'Ecusson (le centre piétonnier de Montpellier) étaient bien désertes, pour ne pas dire un peu glauques... Certains commerçants n'hésitent pas à parler d'une baisse de plus de 50% de leur chiffre d'affaire directement liée aux évènements."Pas par la peur d'un attentat, explique l'un d'eux. Mais de telles nouvelles recadrent les priorités des gens et faire les soldes n'en fait plus partie, c'est compréhensible".

Cependant, plusieurs dizaines de commerces-un bon quart des boutiques- ont indiqué, bien en évidence sur leur vitrine, qu'eux aussi "étaient Charlie". Des magasins de vêtements, de déco, des coiffeurs, des restaurants, des salons de thé...

Beaucoup d'indépendants bien sûr, qui sont leur propre patron et n'ont pas d'autres directives à suivre que les leurs. Mais pas que. La responsable d'une boutique de chaussures a d'elle-même mis une pancarte dès l'ouverture jeudi matin. "J'ai effectivement pris cette liberté sans en référer au siège, admet-t-elle. La pancarte restera au moins jusqu'à samedi soir, au moins pour les trois jours de deuil national décrétés par François Hollande mercredi soir. Là, c'est trop important et il me parait logique et important de témoigner notre soutien".

D'autres n'ont même pas eu à hésiter, telle cette autre responsable, d'une boutique pour enfants cette fois. "Je voulais le faire ou du moins en parler au siège, explique cette trentenaire. Mais j'ai la chance de travailler pour des patrons intelligents et concernés. A l'ouverture du magasin jeudi à 10h, j'avais un mail de la direction me demandant d'imprimer une affiche "Je Suis Charlie" et de la mettre bien en évidence à l'entrée. Samedi midi, j'observerai aussi une minute de silence symbolique, ou du moins, si cela n'est pas possible par rapport aux clients, je couperai la musique". #Charlie Hebdo