Alors que le référendum en Loire-Atlantique semblait donner le feu vert aux évacuations du site du futur #Aéroport, les opposants restent mobilisés et une association ainsi qu’un collectif d’élus vient de saisir le Conseil d’État. Il n’est qu’en matière électorale qu’un tel recours est suspensif. Cependant, le recours invoque le non-respect du rapport approuvé en avril par Ségolène Royal. Lequel estime le projet surdimensionné. Ce qui ne remet pas totalement en cause sa viabilité, si l’emprise est revue à la baisse (une piste au lieu de deux), ce qui impliquerait de dédommager en partie l’entreprise aménageuse et future exploitante (Vinci et Vinci Airports).

Opération immobilière ?

Les prémisses de l’aménagement d’un Aéroport du Grand Ouest remontent à 1963. Mais la ZAD ne fut établie qu’en 1974 et le décret d’utilité publique attendit février 2008. Dans les années 1960, il est douteux que la Datar (aménagement du territoire) ait envisagé, à l’horizon 2020, une opération immobilière d’envergure sur le site de l’actuel aéroport Nantes Atlantique. Depuis, ce dernier est utilisé par l’usine Airbus de Bouguenais adjacente ; Airbus devrait prendre en charge la gestion de la piste et des structures allégées par le transfert de l’activité voyageurs à l’A.G.O.  Mais Airbus pourrait se désister et l’emprise de Nantes Atlantique (300 ha), au sud d’une rocade, desservi déjà par le tramway nantais, peut attirer bien des convoitises. Une opération immobilière d’envergure, à proximité du lac et de la réserve naturelle de Grand-Lieu, serait certainement très profitable. Cette perspective, très peu évoquée, n’est certes pas de nature à faire fléchir les zadistes occupant toujours le site du futur A.G.O.

Mobilisation des zadistes

Le Conseil d’État avait déjà rejeté, en octobre 2013, un recours contre la DUP (déclaration d’utilité publique).  Selon les cas, la requête peut être estimée irrecevable. Si elle est considérée, un rapporteur public est chargé d’instruire. Le délai avant audience est parfois de deux mois, et le différé qui suit peut atteindre huit mois. Soit bien au-delà de la date des présidentielles 2017 (fin avril, et début mai pour le second tour). Le recours n’étant pas suspensif, cela ne devrait pas étioler la détermination des zadistes, qui organisent des séances de formation aux premiers secours, des courses d’orientation sur « la zone à défendre » pour en mieux connaître des lieux de repli. La date d’une nouvelle mobilisation d’envergure est fixée au 8 octobre, intitulée « Opération César ii » (César i, fin 2012, permit de repousser les forces d’intervention). En attendant, de nouveaux hangars conçus pour former « des lignes de défense » sont érigés. Selon le président de la région Pays-de-Loire, Bruno Retailleau, ces stages constituent « une école de la violence à ciel ouvert ». Il en appelle au gouvernement pour déployer « près de 2 500 policiers et gendarmes » dès que possible. En attendant, le gouvernement devra faire face à l'actualité sociale, avec notamment la mobilisation contre la loi Travail, jeudi prochain, 15 septembre. La rentrée n'est pas de tout repos pour  Matignon. #Notre-Dame-des-Landes #Conseil d'État