On vous l'annonçait il y a peu de temps, un petit garçon, âgé de 8 ans seulement, a été entendu par la police pour « apologie du #Terrorisme ». Scolarisé à l'école primaire Flore, en classe de CE2, à Nice, il aurait perturbé la journée de débat sur le terrorisme. Il aurait également refusé de participer à la minute de silence consacrée aux victimes des attentats survenus dans les locaux de Charlie Hebdo.

« Je ne suis pas Charlie, je suis avec les terroristes » a-t-il dit à son enseignant. Un propos choquant venant de la part d'un enfant de 8 ans et qui a été signalé aux autorités, par le directeur de l'établissement. Une décision qui n'a pas plu au père du petit garçon. Il s'est rendu à plusieurs reprises dans l'école primaire et se serait montré violent face au corps enseignant. Le père a été auditionné ce mercredi 28 janvier, ainsi que son fils, pendant une demi-heure.

Une audition qui suscite les polémiques

L'audition de ce dernier est loin d'avoir fait l'unanimité. Ce jeudi, les réactions n'ont pas tardé à se faire entendre.

La première est celle de l'avocat de l'enfant et de son père, Me Sefen Guez Guez. « C'est insensé, c'est un enfant de 8 ans, cette procédure est complètement disproportionnée. Les policiers lui ont demandé ce que voulait dire le mot terrorisme, il était bien incapable de répondre. On a pris au sérieux des paroles d'un enfant de 8 ans qui ne comprend pas ce qu'il dit. C'est absurde », dit-il au quotidien Le Parisien. Il pousse même la famille à porter plainte.

Sur BFMTV, il affirme que « ce n'est absolument pas la place d'un enfant de 8 ans de se retrouver au commissariat. Cette affaire illustre, si vous voulez, l'état de crispation dans lequel on vit aujourd'hui, en France, et l'état d'hystérie collective ».

Pour l'Observatoire national contre l'islamophobie, « la lutte contre la radicalisation ne doit pas donner lieu à une hystérie collective mais doit s'inscrire dans le cadre légal républicain. »

De son côté, le secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat, Thierry Mandon, estime que « c'est la famille qu'il faut auditionner, pas l'enfant ». #Enfance

Une convocation au commissariat qui n'a, selon Marie-Pierre Houcade - présidente de l'Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille - rien d'anormal. Elle explique qu'un enfant de cet âge ne peut être sanctionné pénalement. L'âge légal d'une quelconque sanction pénale étant de 13 ans.