Carton rouge à Monsieur Cazeneuve.

Carton rouge pour sa gestion de l'affaire Remi Fraisse.

Il ne l'a maîtrisé ni en terme de communication, ni en terme d'autorité, ni en terme de débat #Politique.

En laissant l'incendie prendre avant de s'en occuper, le Ministre de l'Intérieur ne pouvait que rendre la polémique sociale et politique incontrôlable.

Carton jaune à Madame Royal.

Carton jaune parce qu'elle avait tout pour se saisir rapidement de cette affaire du barrage de #Sivens, avant qu'il ne devienne une crise politique.

En faisant preuve de compassion et d'émotion comme elle sait si bien faire, souvent avec sincérité et authenticité.

En reposant, suite au dernier rapport d'expertise, la pertinence de la construction de ce barrage sur la table des débats.

En utilisant son envergure politique, pour répondre, riposter voire anticiper les attaques des écologistes.

Si elle reprend la main, cette semaine, en convoquant une réunion technocratique, ce sera et trop peu, et trop tard.

Trop tard.

Parce que la mort a fauché Remi Fraisse et endeuillé sa famille pour l'éternité.

Parce que le malaise a terrassé les courageux gendarmes présents sur le site qui, en plus d'un sentiment de culpabilité qui ne les quittera plus jamais, se voient offerts à la vindicte populaire.

Et ce, sans aucun soutien de leur autorité politique.

Parce que la violence prônée par les groupuscules d'ultra gauche, libertaires, anarchiques ou radicaux, a trouvé sa légitimité dans cette tragédie et sera le motif de tous les prochains débordements.

Parce qu'enfin, les camps d'opposition au gouvernement, écologistes et de droite confondus, se sont déjà saisis de cette affaire pour nourrir la polémique politique.

Reste l'opinion.

Affectée par la mort de ce jeune homme.

Tout autant que scandalisée par les violences inouïes qui émaillent les manifestations de contestation à la construction du barrage ou de soutien à Remi Fraisse.

Une opinion qui se sent oubliée, négligée, piétinée par ces classes politiques qui se battent pour le pouvoir, beaucoup moins pour nous sortir de la crise.

Cette crise qui affecte durement les français et justifie, à leurs yeux, que des projets comme le barrage de Sivens ou l'aéroport de Notre Dame des Landes voient le jour et permettent la relance de la France et de son économie.

Tant pis pour les deux grenouilles et trois scarabées en péril.

Une opinion atterrée par le spectacle de l'autorité de l'État bafouée dans ses fonctions régaliennes.

Parce que l'usage de la force par la gendarmerie est contesté, elle serait disproportionnée.

Rémi Fraisse est mort, c'est une tragédie.

Mais dire que la réponse des gendarmes était disproportionnée est un pas que je ne franchirai pas.

Pas face à des émeutiers qui jettent sur les gendarmes des pierres, mais aussi des cocktails molotov et de l'acide.

Une opinion incrédule face à ce gouvernement qui recule, en remettant en cause son projet de construction qui a pourtant passé tous les verrous démocratiques, sous la menace de quelques centaines d'activistes ultra violents.

Alors qu'il n'a pas cédé, pour son projet de mariage pour tous, sous la menace de quelques millions de manifestants... pacifiques !

Je voudrais, je crois que nous voudrions tous, que cesse cette mascarade.

BN