Si l'on parle très facilement des dessins animés et des "cartoons" que nous regardions étant petits, il est plus difficile d'évoquer ses premiers souvenirs musicaux. Bien souvent, on met en avant les titres cultes au détriment des tubes ringards. Pour ma part, je me suis toujours vu comme un enfant de la "french touch", bercé par les sonorités funk des Supermen Lovers et de Stardust. Il y a certes une part de vérité. Mais en trouvant par hasard mes CD deux titres, la mine quelque peu déconfite, je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas que du joli joli. Certaines mélodies sonnent aujourd'hui comme un coup de massue sur la tête.

Posons les choses calmement. Un CD deux titres, qu'est-ce que c'est? Pour les plus jeunes qui se posent la question, la réponse est dans la question. Deux chansons, parfois trois ou quatre (un luxe!), gravées sur un disque. Son prix se situait autour de trente francs (environ 5 euros) si mes souvenirs sont exacts. A l'heure d'internet et de la consommation abusive et quasi gratuite de chansons via des plateformes d'écoute telles que Soundcloud et Spotify, cela peut faire tache.

Remettons tout cela dans son contexte. Fin des années 90... Le franc vivait ses dernières heures et les fonds de poche de nos parents servait à acheter des vignettes Panini et des crocodiles Haribo. Le prix d'un album était tellement cher que le CD deux titres nous permettait de combler cette soif de #Musique… Si tant est qu'on puisse ainsi la définir.

Principalement de la soupe et des croûtons

En bon cobaye, je vous propose de dépoussiérer mon stock. Première surprise, on retrouve quelques pépites. Things I've seen des Spooks, Don't mess with my man de Nivea avec Jagged Edge (rien que le nom est délirant), Stan de Eminem ou encore Bad Intentions de Dr Dre avec en deuxième opus The Watcher et son refrain murmuré. Du bon hip-hop de brigand!

En fouillant un peu, on se rend très vite compte qu'il y a aussi de sacrés daubes. Du boys band à tout va avec Boyzone, Alliage et même le duo français Organiz. Il faut se rendre à l'évidence, l'enfance n'est pas la période la plus virile. Autre constat d'échec, l'hymne "coupe du monde 98″ de Ricky Martin et la version Noël de la Macarena, très similaire à l'originale, qui me pose en petite victime du marketing. Pendant ce temps là, la "french touch" reste introuvable.

Mais alors pourquoi tant de mauvais goût? A notre décharge, rappelons qu'à l'époque, en plus d'être jeune et influençable, nous étions tributaires des toutes puissantes maisons de disques. On écoutait la musique uniquement via les quelques radios disponibles ou alors en regardant, si vous aviez TPS, les clips de M6 Music. Qui plus est, un single était bien souvent rangé dans les rayons de supermarchés selon son classement aux charts. D'où la difficulté de découvrir des petits artistes!

Mais finissons sur une note plus optimiste. Certains titres ne font clairement pas tâche, loin de là. It wasn't me de Shaggy. Apparemment, ce n'était pas lui. Craig David et son 7 days. Félicitons d'ailleurs le chanteur anglais pour sa parfaite maîtrise du calendrier hebdomadaire (monday, tuesday, etc.). Je remets la main sur Dilemma de Nelly, ce rappeur qui aimait se coller des pansements sur la peau pour se donner un air de gansta. Enfin, je retrouve The Girl in red, le deuxième opus du projet français Daddy Dj. Le groupe avait réussi à capter l'attention du public avec ses clips «to be continued». C'était là un bon moyen de fidéliser son public.

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