Retour à la première partie 

Le deuxième titre est rarement bon 

On peut comparer l'acte d'achat d'un CD deux titres avec celui d'un Kinder surprise. Nous sommes attirés en priorité par l'enrobage. On a autant envie d'écouter la chanson qui nous trotte dans la tête depuis des lustres que de manger cet œuf en chocolat. Mais avec du recul, on s'aperçoit que l'intérêt du CD reposait finalement sur le second titre. On l'attendait presque avec impatience, c'était notre surprise, notre jouet. Mais force est de constater que la déception pointe souvent le bout de son nez.

Petit état des lieux. Tout d'abord, il y a les radins, qui proposent non sans honte l'instrumental. Dans mon stock (de plus en plus assumé), citons les vilains garnements: Shaggy, Alliage et Moos qui n'aura visiblement jamais réussi à écrire une deuxième chanson. Sacré syndrome de la page blanche. Mais il y a également les filous, ceux qui chantent la même chanson, mais dans une autre langue. A l'amende: Ricky Martin, Shakira et les Las Ketchup qui ne font pas les choses à moitié. Une version spanish, spanglish (ah?) et karaoké. Reste à savoir comment lire du texte sur une chaîne hi-fi.

Après, il y a ceux qui ont le remix facile. Comme si leur chanson faisait tache, ils n'hésitent pas à tout faire refaire. Dans ma merveilleuse collection, on retrouve une nouvelle fois ce diable de Ricky qui nous offre une version de La copa de la vida aussi dégueulasse que l'original. En véritable acharné, Daddy Dj nous propose une tripotée de remix. Aux commandes, Chico & Tonio, G-Box AD7 et Wonder S. A première vue, des potes rencontrés en saison à Chamonix. Enfin, les plus généreux font marcher le commerce en proposant une chanson originale. Manque de bol, c'est la purge qui ira squatter les bas-fonds de l'album studio. Quelle arnaque!

De cul-cul à culte!

Comme une évidence, le CD deux titres est mort. Au Cultura du coin, sorte de sous-Fnac, on s'aperçoit que la direction a coupé les vivres. Un format trop indigeste et des ventes faméliques si l'on en croit le saisonnier (lui aussi en fin de cycle) qui erre dans les rayons. Les vieux stocks sont allés remplir la benne à ordure.

Mais ne vous inquiétez pas! Dans quarante ans, le CD deux titres deviendra culte et on les recherchera coûte que coûte. Pendant que les plus vieux se galvaniseront d'avoir connu le son granuleux du vinyle (l'effet miette de cookie), nous tchatcherons autour de nos CD, salis par les rayures du temps et nos traces de doigts. Et pendant que la #Jeunesse aura supprimé de honte Tal de leurs MP3, nous assumerons nos goûts… Jusqu'au bout! #Musique