Pour un mot qu'il n'a pas prononcé mais qui a été suggéré par le journaliste italien qui l'a interviewé, Eric Zemmour est devenu persona non grata, voire  totalement infréquentable pour les adeptes du politiquement correct!

Le journal britannique The Economist qui se targue de calculer et de publier tous les deux ans le degré de #Démocratie de chaque pays selon 60 critères bien précis, a conclu dernièrement que la démocratie a reculé en Europe en raison de la crise économique. La France, toujours d'après The Economist,  a amorcé un déclin global et serait passée du vingt-quatrième au trente-et-unième rang, la plaçant ainsi parmi les démocraties incomplètes ou imparfaites.

Même si ce classement controversé a de quoi laisser songeur, il ne manque pas de nous interpeller comme nous interpelle la décision prise par I-Télé à l'encontre d'un journaliste. D'autant plus qu'un autre classement , celui de Reporters Sans Frontières, place la France au trente-neuvième rang quant à la liberté de la presse!

Des voix bien pensantes saluent ce licenciement tandis que d'autres, et non des moindres, regrettent que la liberté d'opinion soit ainsi mise à mal. Jean-Luc Mélenchon, qui a lui-même mis le feu aux poudres, s'élève contre ce manquement à une liberté fondamentale. Daniel Cohn-Bendit lui emboîte le pas en soulignant à juste titre que même si l'on n'est pas d'accord avec les idées d'Eric Zemmour, il serait plus utile de le contrecarrer sur son terrain plutôt que de le faire taire. Et c'est bien en cela que la liberté d'expression peut aider tout un chacun à faire évoluer ses raisonnements! 

Reste à attendre le prochain classement du journal britannique The Economist ou celui de Reporters Sans Frontières pour apprécier la nouvelle position de la France sur l'échiquier mondial de la démocratie. 

Dans cette attente, il nous revient de méditer la phrase du philosophe Emmanuel Kant pour lequel "toute liberté d'expression est nécessaire à la liberté de penser". Par ailleurs, il est communément admis (même si c'est faux) qu'un de nos plus grands philosophes, Voltaire, aurait dit: "je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire".