La situation actuelle en Irak , Syrie et Libye, doit reposer la question de l’ingérence de pays ou organisation militaire dans les affaires d'un état souverain. Si la guerre du Koweït avait un semblant de légitimé, le pays ayant été envahi par un autre état, on peut se demander si la même mobilisation aurait été de mise pour un pays dépourvu de pétrole! La seconde guerre contre l'Irak, en revanche, n'avait pas la moindre légitimité. Un fallacieux prétexte a servi pour jouer les justiciers, supprimer cet abominable tyran, mais tout ceci à quel prix? Avec quelles conséquences? 

L'administration américaine avec ses gros sabots, ses œillères et son manque d'idées, est coutumière du fait, la suppression de Diem au sud Vietnam avait déjà en son temps fait de gros dégâts qui ont coûtés très cher aux USA.
Dans ces pays, l'équilibre est extrêmement fragile entre les différentes ethnies les composant, un dictateur à poigne n'est peut être pas la meilleur solution, mais sûrement une des moins mauvaise. Je pense qu'un enfant de sept ans normalement doué l'aurait compris, mais les hauts stratèges non.

Les résultats se sont rapidement faits sentir, la totale désorganisation du pays, la reprise des libertés par les minorités, plus d'armée, plus de police, tout ceci sur fond d'attentats et de règlements de comptes sanglants, on fait un lit bien douillet à l'Etat Islamique. 

Pendant ce temps là, la France qui pour une fois s'était sagement abstenue en Irak, pour ne pas être en reste dans la région, a commencé à s'occuper de la Lybie y entraînant l'OTAN.
Aider les différentes factions présentes induisait automatiquement en cas de victoire contre le régime en place un nouveau chaos prévisible, celles-ci étant farouchement ennemies.

Les conséquences directes n'ont là aussi pas tardé à se faire sentir.
À la chute du régime de Kadhafi, comme par enchantement des quantités d'armes se sont retrouvées au Mali, au sud de l'Algérie, en Afrique centrale, armant puissamment AQMI , Boko Haram et des groupuscules islamiques. Entrainant cette fois une intervention directe de l'armée française au Mali.

Comme le rappelle P. Ndedi dans son article sur la francophonie :"la guerre au Mali est le fait du chaos perpétré en Libye".
Pour tout arranger, la Syrie, est venue s'ajouter au casse tête, faisant là aussi la part belle à l'E.I. qui a su profiter des créneaux offerts sur un plateau.

Il est à craindre qu'un jour ou l'autre, il faille envoyer des troupes au sol contre l'E.I, franchissant une fois de plus une marche supplémentaire dans l'escalade et l'implication, mais cela résoudra-t-il le problème ?

Malheureusement rien n'est moins sûr... Tout au plus maintenir en certain équilibre entre les forces en présence! Probablement seul le temps, qui n'a pas la même valeur dans ces pays là, viendra solutionner cette situation.

Par contre cela n'empêchera pas l'essaimage des actions violentes localisées dans les pays occidentaux.
Le fanatisme n'a pas de frontière, surtout s'il est teinté de religieux, pour preuve l'actualité récente Française, deux cas différents mais au final, des personnes blessées, qui n'y étaient pour rien.
Les appels lancés par Daesh ces jours derniers risquent de trouver des oreilles attentives et compréhensives, cela peut donner des idées...

Bravo les stratèges des grandes puissances, beau résultat, comment sort on de tout cela?

Un rasoir dans les mains d'un singe est-ce réellement dangereux? il serait bon quelquefois de poser la question avant d'agir.