Un service publique ou bien au service du public?

Depuis le 23 décembre dernier, nous assistons à une #Grève d'envergure des médecins généralistes qui déclarent que cela suffit, que la coupe est pleine, qu'ils en ont ras le bonnet...Sommes-nous dans l'obligation d'accepter cette prise d'otages? Faut-il comprendre et encore une fois accepter les désidératas de ces corporations qui agissent parfois comme des voyous?

Pourquoi une telle manifestation de colère?

L'objet de la revendication porte sur le "Tiers payant" dont l'application n'est pas souhaitée par les médecins généralistes. Pourquoi ce refus? En quoi cela affecte-t-il leur devenir de médecins généralistes?

Lors de son explication devant les caméras, un médecin généraliste expliquait que l'application de cette action de "tiers payant" libère tout patient de faire l'avance de ses visites médicales et est un tribu lourd à porter dans la comptabilité de gestion des cabinets tout comme pour celui qui travaille en solo. Incroyable comme cette vision mercantile tend à se généraliser! La vision de ces hommes de science a dévié et maintenant, la parole est aux chiffres. Seulement aux chiffres!

Il se plaignait d'une "pratique" d'environ 60 malades par journée de consultation, soit une facturation mensuelle équivalente à 27.000 euros. Après avoir soldé ses obligations (U.R.S.S.A.F./Impôts et toutes Taxes obligatoires) il lui restait entre 3.000 et 4.000 euros/mois. C'est pourquoi ce médecin, qui a "juré" par le serment d'Hypocrathe de venir en aide à ses prochains, fait la grève, laissant "ses obligations" sur le trottoir.

Un malade n'est pas qu'une planche à billets, ni une seule source de revenus - dixit le "Serment d'Hypocrathe".

Qu'est-ce qu'il en était? Une disponibilité de tout instant, de jour comme de nuit! Une écoute et une assistance tout azimut, un ami des mauvais jours, voilà qui était le médecin "de famille" que l'on côtoyait tout au long de notre vie. Ce n'est plus le cas et depuis déjà les premières réformes voulues par le Ministère de la santé, désireux d'appliquer une #Médecine plus cadrée. A qui la faute?

Dans l'Hexagone, il existe des lieux totalement dépourvu de la présence du Corps médical, et si cela peut s'expliquer par la liberté de choix des médecins il existe "peut-être" une déontologie concernant les patients. Etre malade n'est pas toujours une sinécure et ce temps de grève a mis à mal bien de malades qui se seraient bien passés des revendications des généralistes.

Passé 19 heures, ne soyez pas malade! Pas plus en week-end! Encore moins en jours fériés! 

Les études demandées afin d'obtenir le droit d'exercer sont longues et fastidieuses et le médecin généraliste est fréquemment assimilé à un homme à tout faire. Mais n'est-ce pas son statut de soignant qui l'assigne à cette lourde charge? Revoir le statut du médecin généraliste serait peut-être à envisager, mais dans notre société modernisée, qu'elle est la position du malade? N'a-t-il aucun droit? Que Messieurs les généralistes, dans leurs revendications, n'oublient pas qu'être malade n'est pas un choix.

Rage et déception? Toute déviation n'est pas bonne a prendre; On peut parfois se perdre en chemin. La Ministre de la Santé M. Tourraine se dit prête à discuter sur ce point précis à la rentrée, alors que la menace de grève plane sur la tête des malades qui s'ignorent encore.

Le Corps soignant va-t-il en ressortir grandi? Que chacun soit juge en son âme et conscience (s'il en reste un peu)