A part le misérabilisme, la galère comme Samba, la voyoucratie comme Intouchables, La cité rose, 24 jours, Bande de Filles, et la légèreté comme Case Départ, Le crocodile du Bostwanga et Qu'est ce qu'on a fait au Bon Dieu?, n'y a-t-il pas d'autres perspectives scénaristiques, pour l'acteur noir, face à tous ces clichés tendancieux récurrents, au sein de l'intelligentsia cinématographique française? Certes, depuis le succès d'Intouchables, nous voyons, comme par miracle, déferler sur le grand écran, davantage de films français où le noir tient (enfin!?) des premiers rôles, et est de plus en plus montré, mais cela reste encore toujours ambiguë. Du moins pour ma part…

Chez les noirs, Il n'y pas que des « zéros », mais il y a aussi des héros, des inventeurs, des artistes, des écrivains, des poètes, des avocats, des médecins, des inspecteurs de police, des chefs d'entreprise, etc. Par exemple, pourquoi ne pas faire l'adaptation cinématographique de la biographie d'un Césaire, d'un Senghor ou d'un chevalier Saint-Georges, ou de toute sorte d'inventeurs noirs, qui ont contribué au bien être et à l'essor de l'humanité? En France, l'une des seules biographies adaptées à l'écran est celle d'une femme noire, qu'on a présenté comme une sauvage, une bête de foire, avec ses formes avantageuses, comme La Vénus Noire. d'Abdellatif Kechiche. Pourquoi cette récurrence à vouloir constamment imposer à des acteurs noirs français, entre autres, des rôles de voyous désœuvrés ou de clowns patentés, pour tourner l'image du noir en dérision? Pourquoi toujours leur proposer des rôles, qui renforcent ou alimentent davantage, d'une manière ou d'une autre, des clichés racistes? Pourquoi ne jamais offrir des rôles avec plus de profondeur, de relief et d'émotion? Cantonner systématiquement l'homme noir à des rôles tendancieusement stéréotypés, c'est implicitement le subalterniser, voire l'inférioriser, par des poncifs post-colonialistes.
Au #Cinéma, il ne faut pas s'arrêter qu'à l'image, ou à l'histoire racontée .Il faut surtout également sonder l'esprit de l'image, pour en déceler la pensée, l'intention inavouée et les profondeurs, de ce que le réalisateur tente sournoisement de distiller. J'en veux pour preuve, la première scène du film Bande de Filles où l'on entend à la fin d'un match de football américain, joué par des filles noires, des hourras de victoire devenir peu à peu des «hou hou hou» faisant clairement penser à des cris de singes, avant que le générique du début ne soit lancé. Cela dure quoi….allez,... 6 secondes, mais ne m'a certainement pas échappé. Et bien sûr, tout le reste est une litanie de clichés tendancieux, que l'on aime attribuer aux noirs, dans le cinéma français. Et même dans le cinéma américain, il y aussi par moment des tentatives de subalternisation négroïde doublées d'obscurantisme sournois. Dans la prochaine adaptation cinématographique du personnage biblique de Moïse, Pharaon sera (encore une fois!) incarné par un acteur blanc comme neige, alors que l'histoire nous révèle (Dieu bénisse Monsieur Cheick Anta Diop), qu'en ce temps là, régnaient des pharaons NOIRS. Tout ça pour ne pas montrer et révéler au monde, que la première des civilisations, fut un paradigme noir. On cache toujours ce qui dérange, pour ne montrer que ce qui arrange les oligarques racistes et obscurantistes.
Ceci étant, pour ma part, le cinéma en France, est jusqu'a maintenant, un vecteur d'infériorisation négroïde. On voit certes plus d'acteurs noirs, mais toujours confinés, pour ne pas dire « parqués », dans des rôles-clichés, tendancieusement récurrents. Il n'y a pas que la cité, la voyoucratie, l'invective, la danse ou la clownerie à proposer. Ne voir des acteurs noirs en France, que dans ce genre de « rôles », et les montrer toujours sous un mauvais jour, est l'affirmation d'une subalternisation négroïde, dans le 7ème art. Force est de constater qu'en France, Les blancs crèvent l'écran, et les noirs crèvent toujours à l'écran.