En 2014, on twitte et on change de statut. C'est comme ça qu'on s'exprime. En quelques mots seulement. On doit résumer notre pensée au maximum. D’une manière si concise qu'elle en devient faussée, évidemment. Plus on raccourcit notre idée, plus le mot doit avoir de poids, plus alors un vocabulaire riche et spécifique est requis. Or les twitteurs et les autres utilisateurs de réseaux sociaux ne savent plus vraiment comment s'exprimer. Ils partagent un sentiment, une réaction, à un instant précis, mais sans réflexion. Hélas.

Enfants, on nous disait : "j'aime" ou "j'aime pas". Et les adultes, profs ou parents, nous enseignaient que l'important était la raison pour laquelle on aimait ou on n'aimait pas. On a donc appris à défendre, solidifier, ou justifier nos idées. On a appris à nous expliquer, à nous faire comprendre. Une dissertation sans argumentation ne vaut rien. 

 Et sur les réseaux sociaux, tous les sujets sont abordés voire pris en mains par tout le monde.  Les faits d'actualités, ou faits divers, existent justement pour que la masse s'en mêle. Ils relèvent du divertissement pour déconcentrer le peuple. Comme Nabilla, Dieudonné, Zaya, Riberi et j'en passe (uniquement des modèles d'intelligence qui plus est !).  Je remarque que toute la population s'en mêle, donne son avis, twitte, retweete mais toujours de manière superficielle, creuse, et vide de sens.

Le divertissement est-il l'Art des incultes ?

Je constate que la plus grande cible de toutes les railleries reste #François Hollande. Aujourd'hui parce qu'il porte un manteau en fourrure et une chapka. Ce manteau et ce chapeau ne lui vont pas. Donc on twitte, on change de statut. Sur quoi ? Le manteau du président. Mais ce n'est pas du président dont on parle et qu'on descend. C'est de son apparence. On ne s’intéresse ni à la raison ni à l'objectif de son voyage au Kazakhstan. On s’intéresse à son manteau. Et on ne s'y intéresse même pas vraiment car on ne sait pas de quelle fourrure il est fait ni par qui il a été créé. On s’intéresse au fait que le président porte mal son manteau et qu'il a L'AIR ridicule. C'est ça qui passionne la presse, les médias, et les réseaux sociaux.

Le manteau et la chapka ne vont pas à Hollande. Très bien et alors ? Est-ce si important ? Les twitts agressifs et moqueurs concernant le look du président vont il contribuer à faire de notre monde un monde meilleur ?

Je ne comprends pas très bien le but de moquer, de railler s'il n'y a pas de satire construite et un réel argument à défendre. La méchanceté gratuite ou la bêtise comme certains le disent, ne nous font qu'être seulement plus lâches et creux.

Les réseaux sociaux et les médias pourraient tant être utilisés à bon escient. Pour diffuser des choses qu'on ne connait pas, pour nous présenter des personnes de grande envergure, pour nous faire voyager, rêver, nous informer en profondeur. Je constate tristement que l'Esprit est voué à sa perte si on accorde aujourd'hui tant d'intérêt à des faits qui n'en ont pourtant aucun. 

Pourquoi passer tant de temps sur des choses si futiles ?