Ô Douce nuit! Ô belle nuit! C'est la grève aujourd'hui!

Nous ne nous y attendions pas, rien ne laissant présager ce qui allait nous plonger dans le désarroi au coeur de la nuit du réveillon de Noël. Et pourtant, très vite,  ce fut la galère. A qui la faute? Nul ne saurait dire pourquoi, mais ce qui est certain, c'est que rien n'indiquait que nous étions en France, avec un corps médical de pointe et des services de secours à toutes épreuves. Ce qui nous fut infligé relève plus de l'indifférence d'un  personnel "soignant" gréviste, au grand dam de ceux qui justement ce jour-là avaient besoin d'assistance.

Nous avions le coeur en fête, prêts à célébrer la plus belle nuit, la nuit de Noël! 

Les médias avaient averti qu'une épidémie de gastro se manifestait mais rien de nouveau sous le soleil en cette période où il n'est pas rare de côtoyer un malade qui s'ignore. Nous en avons fait la triste expérience, par le biais d'un jeune homme qui fut mis K.O par l'attaque sournoise de la maladie au début du repas.

Ce que nous ignorions totalement, c'était  l'indigence médicale qui allait être la nôtre pendant deux longues heures, où nous fûmes livrés à nous-même, entre les amuse-bouches et les toilettes. Ce fut un jeune âgé de 17 ans qui fut ravagé par les dégâts causés par la maladie, une gastroentérite aggravée.

Très rapidement, nous nous sommes aperçus que nos efforts étaient vains et qu'il nous fallait envisager l'aide appropriée d'un médecin de garde.

Là commence le périple, et Indiana Jones aurait été le bienvenu.

Une gastroentérite n'a en soit qu'une difficulté : éviter la déshydratation.  Nous n'en étions pas encore là, mais c'était envisageable à la vitesse de l'aggravation.

Commença un  parcours du combattant afin d'obtenir l'adresse d'une pharmacie de garde, puisque le traitement proposé afin de soulager rapidement la douleur et les conséquences de la gastro peut être acquis sans ordonnance. La première question qui nous est posée : avez-vous une ordonnance, sinon nous ne pouvons pas vous ouvrir. Nous avons beau insister sur le fait qu'il n'est nul besoin de ce document, rien à faire!

Nous essayâmes  la police, contactâmes tout ce qui était possible d'intervenir, mais la même réponse nous fut à chaque fois apportée : attendez! Devant le mur dressé par  nos interlocuteurs, la révolte gronde dans la famille. L'état du malade empire, il nous faut une présence médicale. Le SAMU? Les urgences refusèrent d'intervenir tout simplement parce qu'une gastroentérite ce n'est pas mort d'homme!

Où va-t-on?

Ma ville de Brive-la-Gaillarde ressemblait  à un vaste désert médical, approche terrible de ce qui va être dans les prochaines décennies s'il n'est mis un terme à cette situation incroyable mais vraie.

La situation est ubuesque... Le malade au plus mal, sans secours, les fesses rivées sur les toilettes, le pantalon sur les pieds!  Ce n'est pas encore la panique mais ça y ressemble bien.  Sont-ils fautifs, se désintéressant pour l'heure de ce qui ne les préoccupent pas? Ah! J'oubliais, les médecins généralistes sont en #Grève et les autres... réveillonnent! La seule parole qui nous sera donnée ce soir-là est : attendez... attendez... attendez!

Mais attendre quoi? Madame la Ministre de la santé, faites un effort et revoyez vos coupes budgétaires car à cette cadence, nous allons droit dans le mur!

Le téléphone raccroché, c'est le grand silence... Interrompu par une sonnerie téléphonique : Allô?.. 

Ce soir-là, nous avons compris qu'il était malséant, voir inopportun d'être malade quand la morosité est installée parmi ceux qui se doivent de prendre part à la souffrance humaine et lui porter secours. Ce soir-là,  leur serment prêté était simplement piétiné!