En hommage aux victimes de l'attentat perpétré ce mercredi 7 janvier dans les locaux de #Charlie Hebdo à Paris, un deuil national a été décrété et une minute de silence sera observée ce jeudi 8 janvier à 12h dans les services administratifs français. Cela n'était pas arrivé depuis les attentats du 11 septembre 2001. La France, comme à un concours et par le concours des circonstances, a gagné le droit à la compassion du monde entier, à la consternation internationale.

Les médias s'alternent pour relayer l'information. Des images et des discours d'hommes politiques et d'Etat du monde entier. Correction, des images et des discours d'hommes d'Etat occidentaux (voilà en fait à quoi se limite la communauté dite internationale). Cinq ou six principalement : Obama, Kerry, Merkel, Cameron, Ki Mun, et le dernier de tous Hollande. Le président français qui, contrairement au peuple français qui pleure, peut voir en cette circonstance une aubaine, une bénédiction. Pendant un moment les Français peuvent presque se permettre d'oublier l'année 2014 difficile qu'ils ont connue. François Hollande saute sur l'occasion comme mon chien sur son assiette de bouffe, pour s'ériger en Président rassembleur et revendiquer les valeurs républicaines si chères à la France comme la « Pluralité ». Tu m'étonnes. Avec le nombre de femmes qu'il a eu, qu'il a ou qu'il aura, plus pluraliste que lui tu meurs.

Quoiqu'il en soit à en croire les médias, ce n'est pas tant le nombre de victimes qui indigne (12 au total selon les sources), mais c'est le symbole qui a été touché. C'était déjà le cas pour le 11/09. Symbole de la liberté d'expression et de la presse pour l'un, symbole de l'impérialisme américain pour l'autre. La comparaison va même plus loin. On a vite oublié le dicton « …qui sème le vent… ». Car on occulte les faits qui ont conduit à ce carnage. Peut-on se permettre au nom de la liberté, de porter atteinte aux croyances religieuses des uns ou des autres? En aucun cas. Et là encore, c'est l'Islam qui est pointée du doigt. A tort car l'Islam par essence prône la paix. Les droitistes radicaux peuvent s'en donner à cœur joie.

Ne faisons pas d'amalgame. Nous sommes tous d'avis qu'il faut condamner avec force et ferveur de tels actes de barbarie, quelle qu'en soit la cause. Mais il faut surtout condamner tout acte qui porte atteinte au droit de vivre, le droit à la vie. Un droit divin, que Paris (pas le peuple français) et ses acolytes croient pouvoir dénier aux autres en Afrique ou ailleurs dans le monde s'apitoyant sur eux-mêmes et s'érigeant en donneurs de leçons, et jouant les humanistes dès qu'une vie compatriote est prise. Rappelons que Charlie Hebdo n'en était pas à son premier incident.

En effet, l'hebdomadaire avait déjà en 2011 reçu un avertissement, après une caricature jugée blasphématoire du prophète Mahomet que les frères Kouachi, principaux suspects de l'attentat, ont prétendu vouloir venger (comme si Mahomet avait besoin d'être vengé). Il n'est pas question de les justifier. Ce qui est injuste par contre c'est d'en oublier tous les meurtres orchestrés en Lybie, en Côte d'Ivoire ou ailleurs en Afrique par Paris et ses acolytes, au nom de la démocratie. Si le monde entier peut s'indigner face à la barbarie perpétrée à Paris et qui porte atteinte à la liberté d'expression alors, c'est bien l'univers entier qui devrait s'indigner face au chaos semé en Afrique, et qui touche à la souveraineté des peuples et des Etats.