Un rassemblement de tous bords pour montrer notre solidarité

Face à l'attentat contre Charlie Hebdo, ayant fait 12 morts et 11 blessés, dont certains dans un état grave, une centaine de rassemblements spontanés ont eu lieu hier sur le territoire français, regroupant près de cent-cinquante mille personnes choquées, indignées, émues, tristes, endeuillées, mais toutes avec la même volonté de se battre contre le terrorisme quel qu'il soit, pour témoigner son attachement à nos valeurs fondamentales que sont la liberté de pensée et d'expression, pour la tolérance, la fraternité, le débat, l'humour. Chacun est Charlie, chacun se bat contre la violence, le sectarisme, la haine et contre l'amalgame aussi entre religion et fanatisme,

Face à cela, il est à déplorer de nouveaux actes anti-musulmans, issus de mouvements extrémistes tout aussi condamnables que l'attentat d'hier. On ne répond pas à la violence par la violence.

Lorsque le manque de culture et d'éducation cède la place à la violence

La violence s'installe lorsque les mots font défaut. Alors, face aux enjeux actuels, au manque d'éducation flagrant d'un certain nombre d'individus, une minorité certes, mais violente, nous pouvons nous interroger sur quelle société nous souhaitons pour nous, pour nos enfants et pour les générations à venir.

Bien-sûr qu'il est nécessaire de réprimer de tels actes afin qu'ils ne se reproduisent pas, mais peut-être pourrions-nous nous poser la question de l'éducation et de l'insertion de ces individus, dès leur scolarité, c'est-à-dire bien avant qu'ils ne soient récupérés par des mouvements extrémistes, voire terroristes.

Notre combat au quotidien pour réformer notre société

Se battre, ce n'est pas seulement manifester, c'est aussi trouver des solutions au sein de notre organisation sociale pour éviter les débordements, les exclusions, c'est accepter et organiser le débat dans les quartiers, faire valoir la démocratie participative, c'est aussi savoir poser des règles et les faire respecter. Car interdire, c'est aussi dire, expliquer, faire comprendre, et ramener l'individu dans un cadre acceptable et accepté de lui et de tous.

Se battre c'est aussi accepter de donner plus de moyens aux actions éducatives, péri-éducatives, sociales et socio-judiciaires. Cela signifie permettre aux établissements scolaires, aux structures d'accueil, aux association, à la justice et aux autres services de l'Etat d'entreprendre une vraie politique d'éducation et d'insertion ou de réinsertion en concertation avec les acteurs de terrain, ceux qui sont au plus près de ce public pour agir, avant qu'il ne parte à la dérive. Cela signifie aussi travailler en concertation entre les divers services, les diverses structures actrices, sans imposer une vision autocratique. #Education

Qui osera s'engager dans cette démarche ?

S'il est entendu qu'il s'agit d'un gros chantier, la question est : Qui aura le courage de s'y atteler ? Qui défendra un projet républicain où l'ascenseur social redeviendra une réalité ? et pour que les valeurs liberté, égalité, fraternité, soient appliquées et respectées ? Car il s'agit d'une lourde responsabilité que chacun de nous porte en lui, et si nous réussissons le pari d'un avenir meilleur, nous en sortirons grandis.