Comme pour l'affaire de Mohammed Merah, les autorités françaises rencontrent un vrai dilemme suite à la mort des trois terroristes abattus il y a un peu plus d'une semaine. Cette problématique repose sur l'inhumation des corps qui aura lieu, séparément, pour les trois hommes.

Selon leur rite funéraire, les deux frères Chérif et Saïd Kouachi ont été mis en terre, de nuit, incognito. Pour Chérif, sur la demande de son épouse, le lieu choisi est Gennevilliers dans la région parisienne tandis que pour Saïd, le lieu choisi est Reims, lieu de résidence du défunt.

Pour Amedy Coulibaly, rien de bien défini encore. Ses proches résident en banlieue parisienne, à Grigny. La mairie n'aurait pas reçu de demande jusqu'à présent. Coulibaly, lui-même, habitait Fontenay-aux-Roses. Les autorités précisent que le cimetière de cette localité ne dispose pas d'un carré musulman. Enfin, l'ultime possibilité serait d'organiser les obsèques au Mali, pays dont l'homme est originaire.

Certes, ce fut de manière très discrète qu'il fut procédé à l'inhumation de ces hommes abattus comme ennemis publics, mais n'est-ce point un risque encouru d'avoir permis la divulgation des endroits où ils reposent désormais?

Les municipalités concernées auraient préférées ne pas être sous les feux des projecteurs en ce qui concernent les pensionnaires des cimetières municipaux dans lesquels les frères Kouachi, inhumés séparément, et Coulibaly, dont le lieu n'est toujours pas déterminé.

Il existe un danger possible envers les sépultures, qui est de les voir saccagées, ou devenir des lieux de recueillement. Saccagées par impulsions de colère et de revanche, idolâtrées par esprit de vengeance.

Il n'est nul besoin de rappeler les faits orchestrés par ces terroristes qui ont tenu la "dragée haute" à la France entière pendant 72 heures. Nul oublie entre l'attentat sanglant et la finalité explosive qui eurent lieu.

D'après la législation française, concernant la particularité des cas, pouvait-il s'exercer le droit de "véto" par les magistrats municipaux? N'est-il pas embarrassant pour leurs administrés de devoir gérer le risque que les cimetières concernés puissent être perturbés du fait de la présence de ces personnes en leurs murs. Ne seront-ils pas appelés à faire de tristes constatations dans le futur tels des saccages des tombes? 

Fallait-il dévoiler publiquement les lieux où ces hommes remplis de haine et de hargne, sont sensés "reposer en paix"?

Il serait bon, quelques fois, qu'une certaine discrétion se fasse de façon intelligente, afin d'épargner tous risques de débordements, quels qu'ils soient et d'où qu'ils proviennent? Mais là, c'est une autre histoire.