Le roi Abdallah est mort. Vive le roi Salman ben Adelaziz Al Saoud, ainsi se perpétuent les royaumes... Il est pour le moins curieux de voir notre président François Hollande se déplacer en personne, pour présenter les condoléances de la France. Le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères sont-ils souffrants? Le roi pétrole ou le roi du pétrole? le résultat est le même, on le vénère... Sauf erreur la France est le pays d'origine des droits de l'Homme, ceux de la femme n'ont pas de patrie à ce jour. 

Si vous cherchez un pays rigoriste tous azimuts, n'allez pas plus loin, le pays des Saoud est là. À titre d'exemples, la femme ne peut pas conduire ou sortir seule, même les bonhommes de neige sont interdits!

Il est intéressant de voir à l'aéroport de Djeddah, les esclaves modernes vêtues de noir et voilées, retournant au pays à la fin de leur contrat, ou pour des vacances bien méritées. Au fur et à mesure de la proximité du départ, elles commencent à modifier leur aspect. Le voile ne résiste pas à la porte d'embarquement. Après le décollage de l'avion, la robe noire disparaît au fond du sac, remplacée par des habits moins stricts et plus colorés. Elles avaient pris soin de les revêtir en dessous.

Passer du chameau à la Rolls en or en une génération n'est pas simple. Se considérant comme les gardiens de l'Islam, les Saoudiens s'enferment dans une position stricte, rendue possible par leur puissance monétaire. 

Pour les femmes, les choses n'ont pas évolué de la même façon, elles sont passées de la tente au palais somptueux, voire pour certaines de temps à autre, la suite au Négresco à Nice, ou un palace parisien, propriété de leur seigneur. Mais pas une once de liberté supplémentaire pour autant. 

Le nouveau souverain veut-il et aura-t-il le temps de faire évoluer les droits de l'Homme au sein de son pays? Il est atteint de la maladie d'Alzheimer... Son règne risque donc d'être de transition. On le dit très conservateur et traditionaliste... Avec lui, c'est le retour du clan des Soudayri au pouvoir, ses successeurs désignés en sont également. 

Le roi vient de tenir une réunion à l'issue de laquelle un cabinet de 31 membres a été créé. 

Ali Al-Nouaimi, ministre du pétrole, Saoud Al-Faiçal, ministre des affaires étrangères (poste qu'il occupe depuis 1975), Ibrahim Al-Assaf, ministre des finances, ont conservé le poste qu'ils occupaient précédemment, marquant ainsi une volonté de continuité du nouveau possesseur du pouvoir. 

En revanche un certain nombre de princes de la famille royale sont passés à la trappe et ont été démis de leurs fonctions. Il s'agit du gouverneur de la région de la Mecque, le prince Mishaal, ainsi que du gouverneur de la région de Riyad, le prince Turki, poste qu'avait occupé un temps le nouveau souverain.

Le prince Bandar Ben Sultan, secrétaire général du Conseil de sécurité nationale,  est aussi démis de ses fonctions. Il en va de même pour le chef du service des renseignement Kalid ben Bandar. 

Les postes clefs n'ont pas changé de titulaires. À quand un ministère des droits de la femme? Un bien long chemin à parcourir, probablement pas avant que les petits enfants du souverain actuel soient au pouvoir, soit d'ici 60 ans au moins....  #Arabie Saoudite