La semaine écoulée a été lourdement chargée en horreur avec les attentats commis à #Charlie Hebdo, à la porte de Vincennes et à Montrouge. Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que les citoyens français d'abord, ensuite l'Europe et pour finir le monde entier réagissent à ces actes de barbarie en dénonçant une attaque à la liberté d'expression et aux valeurs de la démocratie. La marche républicaine et les différentes manifestations qui ont eu lieu dimanche à Paris, mais aussi dans d'autres grandes villes de la planète, ont mobilisé des millions de personnes… tandis que #Boko Haram tuait impunément plus de 2000 personnes dans le nord-est du Nigeria, dans l'indifférence totale.

Dix-sept victimes honorées contre deux mille oubliées… Les défenseurs de la liberté auraient-ils oublié l'Afrique ? C'est ce que trop peu de voix dénoncent aujourd'hui.

Pourquoi la communauté internationale ferme-t-elle les yeux et ne prête pas main forte au Nigeria ? Les explications sont à la fois nombreuses et assez logiques. Tout d'abord, il est évident que l'Occident n'a aucun intérêt à déporter ses troupes dans cette région de l'Afrique, qui présente bien moins d'intérêts financier ou stratégiques que les régions du nord (comme la Libye) ou du centre, comme le Congo. De plus, les peuples français et américain autoriseraient-ils encore une guerre à l'étranger, qui fait au final plus de dégâts qu'autre chose alors que la crise économique requiert des coupes budgétaires dans l'armée ? Au même titre que l'armée congolaise, libyenne ou syrienne, les forces nigerianes pâtissent également d'une très mauvaise réputation : nombreux sont les abus commis par les militaires sur les prisonniers, civils ou militaires, susceptibles d'appartenir à Boko Haram. Il a ainsi été rapporté que ceux-ci étaient par exemple torturés par des clous enfoncés dans le crâne.

Après les actes barbares perpétrés dans les pays où la communauté internationale a intervenu - le Mali et la Libye pour ne citer qu'eux -, serait-ce donc vraiment dans l'intérêt général d'aller refaire les mêmes erreurs au Nigeria en prêtant main forte aux forces armées ? La question risque bien de se poser encore longtemps dans les hautes sphères, alors que le peuple nigérian se noie dans son sang. #Nigéria