Blasphème : parole ou discours impie qui outrage la divinité, la religion (Grand Larousse). C’est par exemple attribuer à Dieu une imperfection : « Dieu est injuste » ou lui refuser une qualité : « Dieu n’est pas sage. »

Pour mémoire : chez les Hébreux, les blasphémateurs étaient lapidés. En France, au Moyen Âge, les nobles payaient une amende alors que les roturiers étaient jetés à l’eau. Ce n’est qu’en 1791 que le blasphème sortit du code pénal français.

Le monde entier a condamné les attentats meurtriers contre Charlie Hebdo et le supermarché casher. Bon nombre d’hommes d’État, de religieux et d’intellectuels musulmans l’ont fait également.

Comment la notion de blasphème est-elle abordée dans le Coran ?

Mustafa Akyol, écrivain et journaliste turc, auteur de « #Islam without Extremes, a Muslim Case for Liberty » aborde la question de la façon suivante : Mahomet n’est pas la seule figure sacrée de l’Islam, le Coran vénère entre autres Abraham, Moïse, Jésus et demande aux fidèles de « ne faire aucune distinction entre ces messagers de Dieu. »

Alors pourquoi les islamistes radicaux font-ils une « fixette » sur Mahomet ?

Tout simplement parce que Mahomet n’est « sacré » que pour les seuls musulmans, ce qui relève du nationalisme religieux guidé par la loi islamique : la charia. Or si la charia est enracinée dans le divin, ses prescriptions relèvent avant tout des valeurs ayant cours du VIIème au XIIème siècle. D’ailleurs à cette époque, le blasphème était considéré par d’autres religions comme un crime capital !

Ce qui est reconnu et accepté par tous les musulmans est le Coran

Ce livre sacré ne prévoit pas de punition terrestre ni pour le blasphème ni pour l’apostasie (reniement de la foi chrétienne). Il ne commande ni la lapidation ni l’excision et n’interdit pas l’art figuratif.

Ce sont les savants médiévaux qui ont introduit ces innovations doctrinales bien évidemment en tenant compte des normes sociétales de leur temps.

La charia a été durcie pour des raisons politiques : il fallait bien une justification religieuse pour faire passer l’exécution des opposants !

Que dit alors précisément le Coran ?

« Dieu t’a dit dans le livre : lorsque tu les entends tourner en dérision les révélations de Dieu, éloigne-toi d’eux jusqu’à ce qu’ils changent de discussion. » Il n’est donc pas question ni de violence ni de censure. 

Il serait donc temps que les érudits musulmans abordent la question de la charia en précisant que nombre de ses prescriptions sont le produit de la main de l’homme et reflètent un certain nombre de valeurs du Moyen Âge. Doivent-elles avoir encore cours ? #Histoire