C'est une blague ? Voilà ce que beaucoup se sont dit aujourd'hui en voyant le nouveau clip officiel des Enfoirés et en écoutant le nouvel Opus de la troupe, intitulé « Toute la vie ». Et pour cause. Car bien loin de chanter la solidarité et l'entraide, thèmes traditionnels qui font le beurre des artistes participants depuis le début de l'aventure, le titre phare de l'année 2015 surprend par l'absurdité de son propos : une dispute entre deux générations pleines d'amertume et de clichés. Un mélange très dérangeant de pathos et de ridicule. Décryptage.

Les Restos du quoi ?

Non, cette année, #Les Enfoirés ne nous parlerons pas du froid, de la faim, des inégalités sociales et de la misère. Ils ont quelque chose de bien plus révoltant à crier sur les ondes. Un message enragé, dédicacé à la jeunesse de France et qu'on pourrait résumer ainsi : « nous, on a assuré alors vous les jeunes, bougez un peu votre cul au lieu de vous plaindre ». L'auteur du désastre ? Jean-Jacques Goldman lui-même. Oui c'est douloureux, mais c'est comme ça. Une chanson tout en finesse qui aurait eu pour ambition de raconter le fossé entre les générations. Rien à voir avec la mission première des Enfoirés, mais c'est un détail qui semble leur avoir échappé.

"Nous c'est violence, chômage et Sida"

Voilà ce que crient les jeunes interprètes à leurs aînés, les yeux remplis de désespoir et de rancune. La réponse des anciens : « A vous de jouer, mais faudrait vous bouger ». Tout ça sur un rythme binaire, qui commente lourdement la nature conflictuelle des propos. Ah Pathos, quand tu nous tiens! Et s'en suit une myriade de clichés sur la fumette et la glandouille qui dresse au final un portrait peu flatteur de la jeunesse d'aujourd'hui. Des reproches qui, hurlés par Patrick Bruel ou Hélène Ségara, ont carrément de la gueule. Nous ne sommes pas sûrs d'avoir saisi la véritable motivation de tout ce beau monde.

Certes, le collectif avait habitué son public à la mièvrerie maladroite, aux chants dissonants et aux shows ratés. Certains ne se faisaient pas prier pour cracher dans la soupe ou crier au scandale des cachets mirobolants. Des tâches d'ombre dont peu leur tenaient rigueur car tout de même, Coluche les regardait. Toujours là, avec sa tête de vieux clown triste, assistant malgré lui à une Mimie Mathy improvisée chanteuse. En contemplant le visage de Coluche, accroché au-dessus de la scène, on pardonnait, un peu gêné. Mais là, difficile de faire le lien entre le fondateur du mouvement populaire et cette bande d'artistes pas toujours doués qui ont définitivement oublié l'urgence du combat. #Musique