Une société soi-disant moderne nous bouscule dans un "charivari" d'extrême brutalité, nous entraînant dans une danse qualifiée d'infernale. Le "charivari" est ici considéré comme une danse très remuante, ancêtre du fameux French Cancan mondial, et ses jupes relevées. Deux mondes diamétralement opposés s'accordaient sur ce critère du dévergondage et de l'encanaillement. Le bruit était roi!

Il n'est rien de nouveau et ces deux composantes de notre société, telles le bruit et le silence, agissent comme le feraient les deux pôles: s'attirant tout en se repoussant pareillement. Il devient alors extrêmement difficile de garder l'équilibre et ne pas chuter.  

Faut-il y voir une aberration exagérée d'un mode de vie qui se veut libre et surtout libéré de toutes contrainte? Ne serait-ce pas plutôt une excroissance ayant pris racine sur le conscient humain le conduisant à vivre une vie remplie de paradoxes?

Qu'est-ce donc là ces paradoxes qui nous mènent à la baguette afin de nous faire aller aux rythmes qui leur sied? Pour Charles Régismanset, dans Les Contradictions, "le paradoxe est à la pensée ce qu'est la perspective au dessin: il lui donne relief et profondeur".

En fait, les paradoxes ont souvent été mis à rude épreuve tant ils offraient de diversités aux actions les plus communes. La Guerre et paix, les belligérants s'opposant continuellement, la moralité affrontant l'immoralité prônée au titre de la liberté absolue, l'éducation imposée et l'analphabétisme récurant, la bienséance combattue par le mépris des diversités et des minorités, la fraternité repoussant épisodiquement l'égocentrisme humain de chaque individu.

Nous avons bousculé les tabous et les avons mis à terre, proclamant haut et fort que nous étions libres et égaux! N'est-ce point là une des déterminantes des paradoxes de nos sociétés, alors que la misère qui sévit accentue sa courbe ascendante?

La jeunesse montée au pinacle d'une société qui a peur de la vieillesse, et "Tanguy" demeurant chez ses parents vivant du subside octroyé par ses parents?

Les séniors laissés pour compte malgré la richesse de leur savoir qui pourrait servir à cette société paraffinée et botoxée? Du chômage en pagaille et des séniors à la retraite dans l'obligation de remettre le couvert sous peine de manquer du nécessaire, au détriment de ceux qui, chômeurs, sont à la recherche d'un premier boulot? Paradoxal n'est-ce pas?

Où sont donc passées les rues pavées d'or de l'Amérique qui attiraient le monde transhumant tout comme il en est pour les rivages de notre Eldorado enfuit?

Des bruits montent de la terre esclave de ce qu'elle ne maitrise plus, et les paradoxes font notre quotidien, comme le fait la douche écossaise, chaud et froid en alternance.

Le bien-être des maisons de retraite vendu à des prix exorbitants, clivant ainsi les prétentions d'une certaine clientèle. Et les centres gériatriques pour les plus démunis, mouroir où il sera très prochainement proposé d'office la possibilité de mourir "dignement"! Est-ce que la mort offre une part de dignité à quiconque? Toutes nos valeurs errent dans les méandres des paradoxes et nous apprenons à vivre avec eux.

Toutes nos aspirations les plus élémentaires sont soumises au dictat de ceux qui nous proposent des paradoxes pour mode de vie social. Les démocraties tout comme les femmes du monde entier, violées dans le silence et l'indifférence de chacun.  Les bruits assourdissants de toutes les misères du monde et le "bling bling" de la "Jet-Set"... Nos aspirations à la paix et tous ces bruits de guerre de plus en plus hurlants... La chair des enfants mineurs vendue pour la satisfaction des déviants sexuels...Et j'en passe!

De fait, le "charivari" est toujours danse moderne, mais fou qui s'y prend les pieds.