Monsieur H. Guaino veut fermer les écoles de la République dans les quartiers ghetto. Est-ce la petite phrase polémique du premier ministre Manuel Valls parlant d'apartheid en France qui lui a donné cette idée-là? Possible, en tout cas, c'est peut être le début d'une réflexion plus élargie sur la situation actuelle de certains quartiers de nos grandes villes et des tristement célèbres "territoires interdits de la République". Les prémices aussi d'un début de solution aux graves problèmes que connait notre pays en 2015.

La plupart des cités dortoirs en France sont très vite devenues des zones de non-droit. Prolifération de trafics illégaux, loi de la jungle et concentration malsaine de la pauvreté ont très vite existé dans les cités de notre pays, n'en déplaise à certains qui suggèrent plutôt une dérive récente. Il se trouve que j'étais collégien à Marseille dans les années 70, soit une décennie à peine après la construction des barres d'HLM et des cités dortoirs. Certaines cités que tous les Marseillais connaissent bien comme Frais-Vallon ou Castellane dans les quartiers nord étaient déjà devenues des zones où la Police ne pouvait rentrer. Pire, certains de mes camarades de collège se baladaient avec des armes sur eux pour dissuader les hordes de barbares en rentrant de l'école l'hiver une fois la nuit tombée. Non, ce n'est pas un problème nouveau. Et qu'ont fait les gouvernements successifs qui se sont succédés depuis trente années pour améliorer la situation sur le terrain? Quelques mesures peut être mais totalement inefficaces. Aujourd'hui, on semble redécouvrir les choses et soulever une chape de plomb sur un problème qui existe depuis plus de trois décennies et que personne n'a osé affronter vraiment. 

Oui, un certain apartheid existe de facto en France depuis plusieurs décennies. Mais une séparation non instituée par le Pouvoir en place ou par une minorité comme en Afrique du sud en son temps mais bien par une réalité plus sournoise et plus insidieuse dont l'origine est à chercher dans la crise économique chronique et récurrente que connait notre pays depuis plus de 30 ans. À y regarder de plus près, on constate que les premiers occupants de ces cités à la culture plus occidentale ont réussi progressivement à quitter ces lieux d'habitation d'urgence. Mais les autres, tous ceux issus de l'immigration sont restés piégés dans ces ensembles inhumains et propices à la prolifération des radicalismes les plus abjects. Ces cités n'ont réussi qu'à provoquer une ghettoïsation progressive inacceptable dans un pays comme la France.

Alors l'école dans ces quartiers-là n'a pas échappé à la contamination des esprits des jeunes enfants? C'est tout sauf une surprise. Et j'ai envie de dire à des personnes responsables comme H. Guaino, "ayez le courage d'aller plus loin dans votre raisonnement! Ne fermez pas seulement les écoles mais détruisez rapidement tous ces ensembles nauséabonds et ces ghettos porteurs de germes tueurs qui sont devenus la honte de notre République et peut être même le début de sa fin". 40 ans après, il est plus que temps!