Dans quel monde vivons-nous ? Les récents évènements tragiques de cette semaine dépassent l'entendement. On savait en montant à bord d'un avion, les risques potentiels encourus (météo, panne, erreur humaine, terrorisme, etc.) mais de là à imaginer un instant qu'un membre de l'équipage décide de mourir en entrainant tout le monde avec lui, ça jamais...

Cela relève du meurtre avec préméditation. À priori aucune revendication ou explication de son geste n'a été à ce jour découverte. Il avait parfaitement prévu son coup, seule la date ne pouvait pas être connue puisqu'il fallait qu'il se trouve seul à un certain endroit pour pouvoir mettre en œuvre son funeste projet. Chose étrange il n'aurait pas dû voler ce jour-là, étant en arrêt de travail, alors pourquoi ? Avait-il décidé de passer à l'action ce jour-là ? Comment pouvait-il être sur de rester seul au moins un court instant ? On ne le saura probablement jamais...

On peut imaginer les moments atroces vécus par les passagers des premiers rangs en voyant le commandant de bord  s'attaquer sans succès à la porte...

Que les pilotes japonais, pendant la bataille du Pacifique, se soient jeté avec leurs avions sur un navire ennemi peut, à la limite, se comprendre par une abnégation au service de la nation, faisant don de leur vie pour celle-ci. Qu'un membre d'une organisation terroriste, du type Daesh, se fasse sauter avec sa ceinture d'explosifs ou sa voiture remplie de bombes, peut s'expliquer par le fanatisme et l'endoctrinement, dont il a fait l'objet. Mais qu'un individu, sciemment, précipite un avion de ligne avec 149 personnes à bord, contre une falaise, dépasse et de loin tout ce que l'on pourrait imaginer !

S'agit-il d'une première ? Non hélas, trois cas ont déjà été classés "suicide supposé" : Egyptair, RAM et Silkair. Au regard de ce qui s'est passé dans les Alpes, la disparition du vol MH 370 de la Malaysia Airlines peut trouver son explication mais sans certitude. Cette thèse avait été abordé brièvement, mais sans rien pour l'étayer. Maintenant on peut envisager des faits similaires et ceci donnerait un sens à cette disparition inexplicable.

Au-delà de ce drame se pose la question de cette fameuse porte du cockpit. Suite aux vagues de détournements d'avions, cette porte est devenue blindée et équipée d'un digicode.

Le mieux est souvent l'ennemi du bien quand on voit les contraintes que ce digicode impose aux hôtesses, pour accéder au cockpit dans les besoins normaux du service, surtout sur les long courriers avec des vols dépassant les 10 heures. On voit mal une hôtesse de l'air, armée de la hache réglementaire prévue à cet effet, s'attaquer à cette porte. L'espace, en plus, n'est pas si large que cela. Doivent-elles faire une annonce pour savoir s'il y a un bucheron parmi les passagers, comme parfois elles le font pour un médecin ? #Aviation

Il y a certainement lieu de plancher à nouveau sur cet aspect de la sécurité à bord. En attendant certaines compagnies, comme Easyjet, annoncent l'obligation dans leurs avions d'avoir en permanence deux personnes dans le poste de pilotage, consigne reprise par l'autorité de régulation à titre provisoire en attendant les conclusions de l'enquête. La recommandation stipule qu'il doit y avoir en permanence deux membres d'équipage dans la cabine de pilotage, dont au moins un avec son brevet de pilote.