Au cours des dernières années, plusieurs journalistes ont été tués au #Mexique pour avoir critiqué des maires ou des gouverneurs. Dans certains États de la République mexicaine, la liberté de presse est chose du passé. Aujourd'hui, le pays vient de prendre un chemin qui remet en question le droit des journalistes à dénoncer les scandales politiques avec la mise à pied de Carmen Aristegui annoncée par le groupe MVS Radio.

La semaine dernière, la journaliste mexicaine a voulu montrer son soutien à des collègues journalistes renvoyés. Daniel Lizárraga et También Irving Huerta ont été mis à la porte après avoir dénoncé un scandale de corruption qui implique directement le président mexicain, Enrique Peña Nieto, et sa femme. Ainsi, Carmen Aristegui a demandé le retour de ses collègues « qui devraient mériter un prix journalistique pour leur découverte et non une perte d'emploi », disait-elle.

Carmen Aristegui: un renvoi immédiat

Quelques heures après sa sortie publique pour dénoncer cette situation incroyable, Carmen Aristegui s'est fait montrer la porte. Non seulement elle, mais toute son équipe. « Tous ces événements semblent planifiés d'avance avec beaucoup de ressources et un pouvoir pour les appuyer », disait la journaliste qui a promis de lutter pour faire valoir ses droits.

Il est intéressant de noter qu'il n'est plus question de médias locaux ou de petits pions des cartels de la drogue. La proximité des médias et des politiciens est une chose connue au Mexique. Mais, ici on parle du président du pays. À ce point, il est légitime de demander si la liberté de presse existe encore. Le prochain scandale lié au président sera-t-il encore sanctionné ou le journaliste décidera-t-il de ne pas écrire l'histoire pour permettre à sa famille de manger?

Liberté de presse, essentielle pour la démocratie!

En pointant du doigt le renvoi de ses collègues, la femme démontre qu'elle croit en ses idéaux. La presse existe justement pour faire un contre-poids au pouvoir politique. Les journalistes sont le chien de garde du peuple. Une saine démocratie implique une presse libre de penser et de critiquer.

Les preuves demeurent circonstancielles. MVS Radio a dit que « la relation de confiance était brisée avec ses employés » pour justifier son geste. C'est faible comme raison. En France ou au Canada, les journalistes mexicains ayant perdu leur travail recevraient un prix pour leur découverte. #Journalisme #Amérique latine