Des élections présidentielles vont avoir lieu dans la plupart des pays africains (au Congo Brazzaville, au Gabon, en Côte d'Ivoire et au Burundi) d'ici à 2016. Trop longtemps en #Afrique les concepts de République et démocratie ont été confondus.

Si on revient au sens des mots et à l'expérience historique, on s'aperçoit que la démocratie n'est pas compatible avec la République et vice-versa, de manière ontologique. En revanche, pour des raisons pratiques, la République doit emprunter à la démocratie ses concepts de base : la décentralisation, les Droits de l'Homme, la société civile, le communautarisme ethnique et la valorisation de la société par rapport à l'Etat. Autant la démocratie valorise une société éclatée et le gouvernement du peuple par le peuple, autant la République crée un cadre juridique normatif dans lequel la loi opposable à tous ainsi que le droit doivent fonctionner. En République, ce sont les citoyens qui comptent et non des individus sociaux.

Modèles d'emprunt

À l'occasion de plusieurs élections dans la plupart des pays africains, il n'est pas inutile de rappeler ces principes de base car les concepts de républicains et de démocrates utilisés par les Africains sont empruntés à l'Occident. La plupart des Etats africains francophones, anglophones et lusophones n'ont pas construit leur propre matrice démocratique et républicaine. Ces pays sont en situation d'emprunt et donc forcément ne comprennent pas tous les principes essentiels d'un modèle républicain ou démocratique. La France après 1789 postule un modèle républicain qui a la prétention d'être universel. On peut se demander pourquoi c'est ainsi dans la mesure où le contexte historico-politique français n'est pas celui que l'on retrouve en Afrique francophone, même si par la volonté de domination la France impose à ses partenaires africains sa volonté politico-financière.

Dans les pays anglophones, c'est plus le modèle démocratique et décentralisé (au sens où il valorise des lignes de force contradictoires) qui l'emporte, mais pour des raisons de stratégie politique, les dirigeants anglophones africains mal nourris à la matrice démocratique de l'Angleterre réclament la République au nom de l'autorité et de la centralisation des pouvoirs.

Modèle Africain

En Afrique, nous le savons bien, il faut mettre de la démocratie dans toutes les Républiques qui, depuis les indépendances, essaient de se construire et ont beaucoup de mal à séparer du lien ombilical qui les lie soit à la France, soit à l'Angleterre, soit au Portugal. La République définit des citoyens qui composent la Nation. La démocratie instaure le principe de communauté et l'ensemble des communautés fait la société.

Au moment où les élections vont avoir lieu dans la plupart des pays africains, il n'est pas inutile que les débats qui s'instaurent en ce moment dans ces pays sur les réformes ou non des Constitutions s'inspirent de cette opposition radicale entre République et démocratie (notions qui sont souvent accolées l'un à l'autre sans explication) pour voir comment pour l'Afrique on peut faire évoluer les Institutions sans toujours prendre pour argent comptant les conseils des nations amies que sont la France, l'Angleterre et le Portugal. #Élections