Dans sa complexité, l'homme, ce conquérant, avance tel un explorateur, et s'empare de pouvoirs de plus en plus évolués, qui le mènent au bord de l'extrême possibilité de ses capacités, et cela, dans chacun des domaines exploitables. Le but annoncé est le contrôle de l'homme par l'homme, et la science n'y échappe pas. C'est pourquoi, un neurologue italien du nom de Sergio Cavanero, professeur à Turin, repousse aux calandres grecques la frontière entre la science et la folie.

Savant fou ou génie scientifique?

Est-il possible d'envisager une greffe de tête humaine vivante séparée d'un corps en état de mort pour la greffer sur un autre corps humain afin de prolonger une vie ou plus encore, de redonner une possibilité de mouvement à des personnes tétraplégiques? Plus encore, dans sa vision extrême, il serait possible de conserver vivant le savoir de cerveaux au Q.I. développé, genre prix Nobel ou autre.

Peut-on dire que Sergio Canavero est un pur génie ou tout simplement le professeur « Maboule? »

C'est à partir de 2013 qu'il fait parler de lui, annonçant en publication dans le Surgical Neurology International son vaste projet de greffe de tête humaine. Des essais cliniques ont été accomplis sur des animaux, chiens et singes, avec plus ou moins de succès. Mais peut-on parler de succès devant tant d'échecs?

Aujourd'hui, le Pr Canavero semble avoir résolu les problèmes inhérents aux échecs répétitifs, par l'utilisation de substances biologiques collantes fusogéniques permettant ainsi la reconnexion des fibres nerveuses. Le professeur affirme que d'ici un délai de deux années, il lui sera possible d'accomplir le grand oeuvre de transformation humaine. Sa théorie sera prochainement exposée lors d'un congrès international. 

Question d'éthique   

En écoutant parler l'homme, il s'agirait d'une décollétation visant la séparation de la tête à la base du cou, tout en maintenant la moelle épinière à l'écart de toute agression, afin de lui maintenir son rôle de support majeur, puis d'être attentif au réseau nerveux très important, une simple opération chirurgicale en soit. Mais qu'en est-il réellement du point de vue technique et éthique? Peu de ses confrères adhèrent à cette pensée, du moins, pour les deux ans à venir.

Selon le docteur Sorin Aldea, lui-même neurochirurgien à l'hôpital Foch de Suresnes (France) il existe deux facettes diamétralement opposées à cette pratique: la perspective de l'être humain doit être respectée, et sans respect de l'éthique, la science relève du fascisme. Au nom de la science, l'homme en arrive à créer des monstres. S'il existe une possibilité positive, il faut la relativiser et l'inscrire dans un délai de 20 à 30 années.

Réussites du passé    

Il s'avère que quelques chercheurs ont oeuvré dans ce vaste domaine qui frise l'irréel, et depuis le début du XXè siècle, l'idée a fait son chemin. En 1908, un professeur américain, Charles Guthrie, a réussi à greffer une deuxième tête sur un chien et en 1954, le professeur soviétique Vladimir Demikhov a transplanté plusieurs têtes de chiens sur un même corps. Plus près de nous, en 1970, Robert J.White, un autre américain renouvelle la tentative, sans succès, sur un singe qui demeurera tétraplégique. #Médecine

Pouvons-nous valider toutes les explorations et expériences au nom de la science ou faut-il mettre des barrières à des recherches qui ne résolvent rien, comme ce fut le cas pour ces forcenés qui n'ont rien apporté à la science ? L'avenir nous le dira en son temps.