Vingt et un jours c'est le temps de gestation de la rate. Je ne sais pas si elle trouve le temps long, mais moi oui. Vingt et un jours c'est aussi le nombre de jours de grève à Radio France. Si les comptes en banque de Fauve, Dominique A, Kendrick Lamar et Feu! Chatterton ont du gonfler à la faveur des droits d'auteurs perçus grâce à la plébiscitée playlist (oui pour une journée de grève, soûlante en boucle depuis près d'un mois), mon cerveau à moi s'est quant à lui paupérisé parce que je n'ai plus Bernard Guetta le matin pour m'éclairer.

Encore que parfois il est là. Sans que je ne sache vraiment pourquoi. Il y a eu deux jours de matinale et puis plus rien. Et ça revient. Aujourd'hui, j'ai même eu la chance d'écouter La Tête au Carré. L'émission a commencé et en plein milieu la grève s'est réimposée, et Dominique A avec ça.

France Inter à l'arrêt c'est mon quotidien déboussolé. Comment je sais le matin qu'il est temps que je sorte de la douche si je n'ai pas Bruno Duvic qui commence sa revue de presse pour me l'annoncer ?

Enfant j'avais peur de France Inter, leur trois bips d'heure pile me cassaient les oreilles. Mais ça m'a quand même bercée. Et après une crise d'adolescence qui s'est manifestée par les Radios Libres de Diffool sur Skyrock, quand j'ai muri, quand j'ai grandi, j'ai migré de nouveau là où « la voix est libre ». Depuis, la radio est la seule routine qui me rassure, la seule qui ne m'ennuie jamais. Ils me confortent ces trois bips qui avant m'effrayaient. J'aime leur immuabilité et le seul changement que j'accepte c'est celui des devises, que le Jeu des milles francs, devienne le Jeu des milles euros -et puis l'augmentation de la dot est raccord à l'inflation.

On dit que la beauté ne se mange pas en salade, j'aimerais pourtant vivement qu'elle ponce les parquets de la discorde. Il doit bien avoir d'autres qualités que son regard ténébreux Mathieu Gallet, entendre les revendications, et permettre que mon quotidien revienne..

Il est grand temps que les rats mettent bas.