Le second personnage de l'Etat se regarde dans le miroir et répète inlassablement cette phrase désormais célèbre, "on ne peut tout de même pas accueillir toute la misère du monde". Comme pour se rassurer ou se dédouaner de toute responsabilité -allez savoir!- , il prononce ces mots et ça le soulage. Pendant ce temps-là, à plusieurs milliers de kilomètres de là, plus au sud, la grande bleue devient rouge sang. Elle est devenue le théâtre d'un drame récurrent et cela fait des années que cela dure. Un vrai cimetière marin. Près de 2000 morts depuis le début de l'année. Rien que pour dimanche dernier, 800 morts. Une paille. Oh, tout le monde est bouleversé, consterné. Il y en a même qui pestent, qui fustigent, qui menacent. Et, de réunion en réunion, les ministres et les chefs de gouvernements de l'Union Européenne décident... de ne rien décider justement, renvoyant les seuls Italiens à leurs responsabilités. Le drame qui se joue en pleine mer méditerranée dépasse pourtant le simple cadre illégal de la tentative de passage d'émigrants clandestins en Europe qui tourne mal. A quand des mesures concrètes, précises et efficaces?

Le comble, c'est qu'il n'est pas sûr que nos chers gouvernants aient compris grand chose au drame qui se joue. Dans un monde où les frontières économiques ont volé en éclats depuis longtemps, la protection politique des frontières ne doit pas, ne doit plus être synonyme de tragédie en pleine mer. Alors que l'on nous annonce une augmentation des famines, une progression du désert et des changements climatiques aux conséquences gravissimes pour les décennies qui viennent, ce qui se déroule actuellement en pleine mer méditerranée est très probablement le début d'un exode massif à venir de peuples africains et asiatiques complètement à bout de tout.

Certains craignent qu'un trop grand laxisme ne soit interprété par les clandestins comme un immense appel à émigrer. Certes, mais on ne peut jouer uniquement de fermeté dans cette affaire. D'abord, parce que les dimensions des frontières théoriques sont trop grandes pour assurer une surveillance efficace et la délégation aux seuls Italiens de la surveillance des frontières de l'Union est une vraie fumisterie qui a montré, montre et montrera encore ses limites. Ensuite, les politiques de répression ont toutes conduit à l'échec jusqu'à aujourd'hui. Alors que faire?

L'homme est ainsi fait que dès qu'on lui interdit quelque chose, il prend un malin plaisir à la transgression. Alors, au lieu d'interdire, de surveiller et d'attribuer des visas aux immigrants "utiles" et"choisis", pourquoi ne pas instaurer ce que l'on pourrait appeler un visa temporaire et limité dans le temps à quiconque souhaiterait venir tenter sa chance en Europe? Finis les quotas d'#Immigration et la politique de répression à outrance qui ne veulent plus rien dire -l'Europe est devenue une passoire- et qui ne servent finalement qu'à enrichir ces bandes organisées de passeurs d'émigrés clandestins sur le dos de milliers de victimes. Le contrôle ne se ferait plus aux frontières sauvages de l'Union mais bien dans les ports et dans les aéroports civilisés de nos pays par le biais d'une règle du jeu claire et définie pour tout le monde. L'Europe en sortirait grandie, après tout, ces pauvres hères sont les premiers admirateurs de nos pays et nous leur devons bien cela.

Tout le monde a le droit d'avoir sa chance. Qui pourrait en vouloir à ces milliers de pauvres gens qui n'ont rien, qui meurent de faim et qui vivent dans l'immense majorité des cas dans des pays sanguinaires et corrompus de vouloir un avenir meilleur? #Union Européenne