En reconnaissant le génocide arménien et la coresponsabilité de l'#Allemagne, les dirigeants allemands doivent être salués. Le génocide arménien, soit 1 million de personnes tuées pour une population estimée à deux millions dans un empire ottoman dont la population était de l'ordre de 12 millions en avril 1915, est le premier génocide de l'histoire moderne. Le génocide juif par son horreur et son ignominie, le génocide des Tutsis au Rwanda en avril 1994 et d'autres formes de domination brutale comme l'esclavage des Noirs et leur déportation aux Etats Unis et dans le reste du continent américain, doivent être regardés comme des éléments permanents de l'histoire dont la communauté internationale doit toujours se souvenir.

L'actualité récente au Moyen Orient montre que les guerres sont permanentes, que des peuples sont chassés de leurs territoires au nom d'une idéologie politique, voire d'une croyance religieuse. L'impression est que les peuples, et encore moins leurs dirigeants, ne retiennent rien de l'histoire et que les lois concernant les mémoires glissent sur eux comme l'eau sur les plumes d'un canard.

Le monde est-il capable de vivre en paix ?

C'est une question forte et la réponse passe forcément par la prise en compte de la charge mentale émotionnelle du monde en reconsidérant les concepts de domination et en poursuivant ceux, utopiques, de partage et d'explication des oppositions pour aboutir à des compromis de vie en commun.

Il faut reconnaitre à chaque peuple le droit d'exercer sa politique sur son territoire. L'exercice du pouvoir politique ne doit nullement être le point de départ d'une maltraitance des populations qui s'y trouvent. Il faut que la communauté internationale réévalue ses outils d'intervention en matière d'ingérence, de Droits de l'Homme et d'humanisme mondial. La #Turquie actuelle refuse de reconnaitre son implication dans le génocide arménien. Recep Erdogan, Président de la République turque, estime que les condoléances au peuple arménien sont suffisantes et que des pays comme la France, l'Allemagne ou la Russie, qui sont en pointe sur la question arménienne, ne doivent pas se mêler d'un problème que les dirigeants turcs considèrent comme relevant de la politique turque intérieure.

On peut répondre au Président Erdogan que tout ne se vaut pas dans la vie : il y a la vie humaine qui doit être considérée comme sacrée et il y a la réalité internationale et la gestion de l'Etat, qui sont certes importantes, mais qui ne doivent pas conduire à occulter la vérité historique qui est celle du génocide arménien par l'Empire Ottoman.

On attend de la Turquie qu'elle reconnaisse son implication dans le génocide arménien comme l'a fait l'Allemagne dans le génocide juif et on attend aussi de la communauté internationale, sans réellement poser la question des réparations (qui sont indispensables mais qui soulèvent un autre débat), qu'elle contribue à ne pas faire oublier toutes les lois mémorielles portant sur les génocides, l'esclavage des Noirs et les déplacements actuels des populations à cause de la couleur de peau ou de leur religion. #Arménie