Le Code Civil a été modifié fin janvier par l'Assemblée Nationale pour accorder à l'animal le qualificatif « d'être vivant doué de sensibilité ». Cela fait suite au rapport de Suzanne Antoine, magistrate et membre du bureau de la Ligue des droits de l'animal, remis à Dominique Perben alors Garde des Sceaux en 2005.

Le nouvel article est ainsi rédigé : « Les #Animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens. » Bien sûr cette rédaction, en principe, ne change pas grand chose, puisqu'elle figurait sous une forme similaire dans le Code rural : la maltraitance était déjà condamnée. Alors pourquoi l'ajouter dans le Code civil ?

Ce paragraphe ainsi rédigé va susciter, n'en doutons pas, des batailles tant législatives que jurisprudentielles. Par exemple, quels sont les animaux concernés : le gibier, les animaux d'élevage, les animaux de compagnie ? Bien entendu, les « protecteurs » voudront aller plus loin.

Comment en est-on arrivé là ?

D'abord à la suite d'un lobbying orchestré par Chantal Jouanno qui dirige le think tank Ecolo Ethik, 24 intellectuels ont signé en 2014 une pétition demandant la réforme du Code Civil, pétition relayée bien sûr par 30 millions d'amis.

Ensuite les « protecteurs » ont fait croire aux parlementaires qu'ils représentent la majorité silencieuse ce qui est faux car le CREDOC (centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), organisme reconnu pour son sérieux et ses compétences, a montré que le bien être animal n'arrive qu'en 8ème position des préoccupations des consommateurs qui privilégient le prix, l'apparence, le goût, les qualités nutritives et sanitaires des produits.

De plus, si il y a 0,1% de la population qui est végétarienne, il y a très peu de végétaliens et encore moins de véganiens mais...ils parlent haut et fort, à tel point qu'ils font parfois passer les éleveurs pour des « tortionnaires d'animaux »!

Notre société urbanisée a perdu son bon sens paysan

Jadis, chiens et chats étaient autorisés à rentrer à la ferme, parce que le chat chassait les souris et le chien aidait à la garde des troupeaux, puis il y avait le cheval auxiliaire pour les labours et les déplacements et le cochon, nourri par les restes des hommes. Venait ensuite le bétail qui assurait la rente et enfin la faune sauvage que l'on chassait souvent pour « améliorer l'ordinaire ».

Maintenant tous les animaux sont perçus comme des animaux de compagnie y compris les NAC (nouveaux animaux de compagnie) : lapins nains, furets, grenouilles, mygales, serpents, etc..

Le cheval lui même n'échappe pas à la règle puis qu'il est passé du rôle de travailleur à celui d'animal de loisir donc de compagnie. Manger du cheval, c'est en quelque sorte être anthropophage d'où certaines affiches en 4x3 dans le métro parisien !

Selon Jean Pierre Digard, anthropologue et ethnologue : si l'homme partage 66% de son ADN avec le chimpanzé, c'est justement le 1% qui nous différencie qui est fondamental ! Après tout nous partageons aussi 50% de notre ADN avec l'artichaut ou la banane..

On imagine aisément les conséquences d'un tel comportement, d'une telle façon de penser : nous allons vers un antihumanisme qui aura n'en doutons pas des conséquences dans nos sociétés. On le voit déjà en partie : les chasseurs et les piégeurs sont des tueurs, les loups sont dans leur bon droit quand ils attaquent les élevages....

Voici les réflexions que m'inspirent ces comportements: nous vivons dans une drôle de société qui présente les poissons sous forme de bâtonnets et le poulet sous forme de nuggets, qui enferme furets et lapins nains dans des appartements, qui invente des bijoux pour chiens... Et où est l'homme avec ses bonheurs et ses malheurs dans tout cela ? #Monde rural #Loi