Martine Aubry est une femme politique de gauche qui demeure énigmatique et mystérieuse. A son encontre, on pourrait dire que c'est une femme politique qui ne sait vraiment pas ce qu'elle veut. Après avoir critiqué Hollande lors de la Primaire socialiste (2011) en disant de lui que c'était un menteur avec la célèbre remarque devenue maxime au PS « Quand il y a un flou, il y a un loup », Martine Aubry est malheureusement une louve aussi.

Après avoir été le chef de file déguisé des frondeurs, après avoir dit que la politique économique conduite par Manuel Valls ne répondait pas aux attentes de la vraie gauche, après avoir flirté avec les députés frondeurs qui espéraient voir en elle une représentante de leurs revendications légitimes, Martine Aubry a préféré adopter un comportement lunaire en rejoignant la majorité incarnée par Hollande, Valls et Cambadélis et en laissant sur le bas côté Guedj, Hamon et Paul.Tant pis pour eux et vive les nouveaux amis de la motion majoritaire !

Ceux qui, à gauche, pensaient que Madame Aubry avait une colonne vertébrale sociale réelle, doivent se pincer très fort pour revenir à la réalité. Comme son père Jacques Delors, Martine Aubry est une socialiste opportuniste qui, en fait, n'est qu'une centriste comme son père. En rejoignant la motion majoritaire de Cambadélis, Martine Aubry fait croire qu'elle a élaboré ligne à ligne la motion majoritaire avec Cambadélis, rejointe aussi par Gérard Collomb Sénateur-maire de Lyon. Cambadélis a réussi un tour de force : dire à Martine Aubry que les deux années de quinquennat restantes, vont être consacrées à l'égalité et aux préoccupations du gouvernement pour les questions sociales.

Martine Aubry dit vouloir se battre à l'intérieur du système majoritaire et garder son autonomie de parole et de pensée. Il vaut mieux être à l'intérieur du mouvement majoritaire qu'à l'extérieur. Bel aveu de faiblesse pour celle qui espère, peut-être, avant la fin du quinquennat, être appelée par François Hollande en tant que première Ministre.

Les raisons de son ralliement sont ailleurs. Le département Nord-Pas de Calais a basculé à droite. Elle est affaiblie au sein de la fédération socialiste du Nord et certains, à demi-voix, posent la question de son utilité à la Mairie de Lille. Hollande vient de gagner sur toute la ligne contre Martine Aubry.

Les amis frondeurs qui pensaient que Martine Aubry était de leur camp, méditeront une phrase terrible de Charles Pasqua, ancien Ministre UMP de l'Intérieur : « En politique, (comme en amour, c'est un apport personnel), les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent. ».