Jusqu'à présent, le "don" d'organes était considéré comme un cadeau et non pas comme un acquis. Chacun étant en droit d'accepter, ou pas, l'idée d'offrir ou de vendre de ses organes afin d'en faire bénéficier un malade en attente de greffe. Ceci était bel et bien défini et cadré, comme un acte volontaire et non pas le fruit d'une décision législative se substituant à la volonté d'une famille en deuil, lors d'un décès, quand aucune décision n'a été clairement exprimée.

Mais la ministre de la santé, qui se débat actuellement dans un bras de fer l'opposant à la volonté du corps médical, a présentement suggéré le vote par les députés d'un amendement à la #Loi existante. Il prendrait effet dès 2018.

Qu'est-ce qui change dans le concept même de l'acte volontaire du don à une décision arbitraire contre l'avis des familles qui ne seront plus-même concertées, mais seulement avisées ? L'arbitrage décisionnaire de l'Etat envers la volonté des proches du défunt. C'est la loi qui aura le dernier mot. Sommes-nous toujours dans la voie démocratique et libertaire ouverte par nos ancêtres révolutionnaires, ou vivons-nous l'amorce d'un Etat totalitaire qui prend le pas sur toutes les décisions concernant le peuple ?  La question est posée.

Il y a en France environ 19 000 demandeurs de greffes diverses en attente. Mais le gouvernement doit-il pour autant prendre les décisions à la place de la famille d'un défunt qui n'a pas eu le temps de préciser s'il était d'accord ou non ? La mise en pratique du principe de "qui ne dit mot consent" s'applique, ici, et le don d'organes n'est plus volontaire, mais arbitraire. L'Etat outrepasse ses droits.

Un autre amendement sera signé en 2017 qui reléguera au niveau de "principal" le registre national des refus et mettra en place un autre dispositif qui ne sera divulgué via le Conseil de l'Etat qu'à cette date. Pendant cette période de vacances, seul le dispositif actuel sera en vigueur. Cependant, il faut savoir qu'à ce jour, 40% de la population française n'est pas favorable au "don" d'organes qui pourtant demeure volontaire. Il faudrait lancer un débat au niveau national afin de s'orienter selon la volonté du peuple français dans ses aspirations légitimes à ce sujet pointu.

Selon certains "rétrogrades" ennemis des greffes d'organes, il existe des arguments dont il faudrait prendre conscience afin d'éviter toute division de la nation à ce sujet. En effet, il faut faire participer la famille en deuil dans un travail qui lui permettra d'entrer dans une certaine vision de l'action, et aussi de faire ce travail de seuil nécessaire à tous. Appuyant sur l'action généreuse du don qui pourra ainsi satisfaire à un besoin particulier. Selon Pierre Noir, vice-président de France Adot - Fédération des Associassions pour le don des organes, interrogé par l'Express, le traumatisme d'une famille qui se voit ainsi abordé par un personnel soignant clamant son intervention parce que le défunt n'est pas inscrit dans le grand livre des refus de prélèvements d'organes serait un véritable traumatisme.

L'arbitraire n'est en rien français, nous clamons à qui veut l'entendre que nous sommes une société démocratique. Agissons alors selon nos propos afin de démontrer la justesse de notre pensée de liberté.

La fraternité ne repose pas sur un acte brutal.