Chaque jour on voit des bateaux chargés de migrants venant essentiellement d'Afrique, mais aussi de certaines zones du Moyen-Orient comme la Syrie ou Irak. Les images sont choquantes car on observe des populations qui meurent avant d'atteindre la terre promise qui, pour l'instant, est représentée par la seule Italie. C'est une honte pour les autres pays européens qui, pour des raisons nationales et électives, ne souhaitent pas accueillir les immigrés.

Il faut que l'Europe sache que, pendant des siècles, elle a perturbé l'organisation politique, sociale et économique de la plupart des pays dont sont originaires ces immigrés en sauvant ses intérêts économiques et en manipulant les pouvoirs politiques de ces pays. Ce que les spécialistes appellent le néocolonialisme, continue encore de nos jours. Il ne s'agit pas ici de recourir à la victimisation et encore moins de pleurer, mais de pointer du doigt ce que l'Europe n'aime ni voir, ni entendre.

Malgré ses discours grandiloquents sur l'humanité, les Droits de l'Homme et la coopération partagée, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne refusent honteusement d'aider l'Italie à secourir les boat-peoples africains. Il est vrai que l'on trouve d'avantage d'immigrés en Allemagne que dans le reste des pays de l'Union Européenne, mais on peut aussi penser que ce pays peut fortement demander aux autres membres d'aider l'Italie à recevoir leurs « quotas » d'immigrés.

L'#Immigration est traitée de façon symbolique et médiatique dans les discours et à la télévision. En France les élections régionales vont avoir lieu en 2015, on peut parier que les partis de droite comme de gauche vont disputer la question de l'immigration au Front National qui l'a posé depuis fort longtemps et avant eux. Le FN joue sur les peurs et l'invasion de la France par des "barbares" venus d'ailleurs dont les finalités seraient de modifier les courbes démographiques et les traditions françaises.

Il faut aider les gardes-côtes italiens et Matteo Renzi, Président du Conseil italien. L'Italie seule ne peut apporter une solution définitive. Le débat en France sur les immigrés démarre dans les années 1970 avec sa cohorte d'accusations : "les immigrés seraient des délinquants incapables de s'intégrer". Au-delà de ces questions de racisme avéré, se pose un réel problème qui devient aujourd'hui récurrent : comment aider financièrement l'Italie à résoudre le problème de la réception des immigrés qui vont continuer à venir en Europe ? Comment concilier l'approche humanitaire de la gestion des flux et celle réaliste de la maitrise des équilibres financiers pour ne pas handicaper sur le long terme les fondamentaux de l'économie italienne ?

Alors, il faut passer aux actes, il faut que l'Europe fasse preuve d'imagination. Il se dit ici ou là qu'elle en a à revendre, c'est le moment de le montrer et de réfléchir sur ses rapports économiques futurs avec les pays africains qu'elle domine depuis fort longtemps maintenant.