Par définition, le travail repose sur la notion de pénibilité comme l'indique son sens premier. Sous l'Antiquité, le terme travail, en latin trepalium, désigne un instrument formé de trois pieux, deux verticaux et un placé en transversal, auquel on attachait les animaux pour les ferrer ou les soigner, ou les esclaves pur les punir. Le mot a subi une évolution du 17ème siècle à nos jours. On parle du travail d'accouchement pour indiquer une souffrance physique et aujourd'hui le travail dans son sens moderne indique une activité pour permettre la subsistance de la communauté.

De nos jours, le travail est à la fois œuvre productive, mais aussi facteur de production à côté du capital. Cette prise en compte du travail sous toutes ses formes montre que la célébration de la fête du travail est un anachronisme si on retient le sens étymologique du mot. En revanche, la critique radicale du travail par Paul Lafargue (gendre de Karl Marx), à la fin du 19ème siècle, qui revendiquait le droit à la paresse, montre que le travail n'est pas toujours cette œuvre de bienfaisance que les syndicats aujourd'hui célèbrent.

Le 1er mai est considéré comme la fête de référence pour célébrer le combat de la classe ouvrière et la lutte des travailleurs pour améliorer leurs conditions de travail, leurs salaires et pour mieux préciser leur statut vis à vis du capitalisme. Après les nombreuses cohortes syndicales qui célébraient chaque 1er mai pendant le modèle des trente glorieuses, force est de constater que la crise économique, la baisse du taux de syndicalisation (qui en France avoisine les 8 %), la valorisation du mérite, ont fait passer au second plan les luttes collectives et les mobilisations concernant les salariés. Il n'y a que les responsables syndicaux CGT, FO, CFDT, Sud, UNSAA, FSU (qui d'ailleurs défileront en rangs séparés) qui estiment que le 1er mai en tant que fête collective a encore de l'avenir.

Le paysage syndical français s'est modifié, de larges fractures apparaissent entre responsables syndicaux. L'émergence du Front National (qui tient un discours plus nationaliste aux salariés français) trouble le paysage politique et syndical français. Sans revenir à la définition étymologique du travail, on s'aperçoit que celui-ci ne mobilise plus collectivement. Chaque salarié essaie de voir midi à sa porte. De nombreux points de divergence apparaissent entre syndicats sur la stratégie de négociation vis à vis du patronat et de l'État à travers ce que pompeusement en France on nomme dialogue social.

Le gouvernement s'obstine à faire du dialogue social un des éléments de sa politique économique en demandant aux partenaires sociaux de se hâter pour signer les accords dans les branches professionnelles et dans les sociétés. Il s'agit, pour le gouvernement, de créer à partir du 1er janvier 2017 le compte personnel d'activité de chaque salarié qui doit regrouper l'ensemble de ses droits en matière de formation, de #Chômage et de pénibilité. Au delà de ces éléments de droits sociaux, qui dans leurs fondements restent collectifs, vont sûrement faire l'objet d''exhibition maintes pancartes au cours des défilés du 1er mai.

Il y a lieu de constater que la fête du 1er mai ne sert à rien et que la défense des droits sociaux est d'abord individuelle. Alors pourquoi se rassembler avec d'autres quand on sait que notre siècle est celui de l'égoïsme au travail? #Emploi