#Nicolas Sarkozy va demander le 30 mai à la Villette aux militants et sympathisants de l'#UMP d'accepter le nouveau nom et logo qui va remplacer l'ancienne appellation du parti créé par Jacques Chirac. Pour Nicolas Sarkozy, les choses sont claires : les Républicains doivent remplacer l'UMP et, à travers ce nouveau nom, il souhaite refonder la République française sur ses valeurs. Le Président de l'UMP estime que la République a subi un recul détestable sur ses valeurs fondamentales : la laïcité, l'autorité, la reconnaissance et la valorisation du travail, le mérite et l'excellence.

Malgré une action en justice menée par des associations de gauche et certains avocats qui estiment que Nicolas Sarkozy capte à son profit la notion de « Républicains », le Président des Républicains estime que rien ne le fera reculer, que sa nouvelle mission est de recentrer la République autour de ses valeurs. Dans cet esprit, il estime qu'il faut dépasser les clivages politiques entre la droite et la gauche et innover en mettant l'accent directement sur la République. Nicolas Sarkozy, en tant que stratège, coupe l'herbe sous les pieds du Front National qui passe son temps à exhiber l'acronyme UMPS.

Concernant le Parti socialiste, le Président des Républicains n'est plus obligé de répondre au procès en intention de républicanisme de la part du Parti socialiste. Les Républicains sont dans la République. Ils n'ont pas la prétention de capter à eux-seuls toute la République. En revanche, cette appellation permet au nouveau parti de droite de mieux centrer ses efforts sur son projet politique et sur la manière de remettre concrètement les Français dans la République, quelles que soient leurs origines et leur religion.

Si les Socialistes ont fait du concept de laïcité une notion d'abord sociologique fondée sur la différence, ce qui autorise toutes les indéterminations de positionnement en matière ethnique ou communautariste, les Républicains, eux, gardent la notion sociologique de la laïcité pour la sphère privée et renforcent, de façon forte, la laïcité politique qui insiste sur la neutralité dans la sphère publique et donc dans la République. Les Républicains sont des « laïcs politiques » qui centrent leurs actions dans une République qui définit d'abord des citoyens, alors qu'à gauche, sans le dire, il y a une usurpation du concept de laïcité pour valoriser les différences communautaires et créer une confusion sémantique.

Nicolas Sarkozy a bien compris le piège tendu par la gauche qui valorise beaucoup plus une laïcité sociologique que politique. Les Républicains doivent d'abord être eux-mêmes en valorisant l'histoire et l'identité de la République. Sarkozy oblige ses adversaires politiques à descendre dans l'arène républicaine et à s'y tenir. Il faut saluer l'action de cet homme politique à un moment où tout le monde fait référence à la République sans lui donner un contenu réellement politique.