Il n'y a pas eu d'#Esclavage des Noirs en métropole, même si des ports comme Nantes, La Rochelle, Le Havre et Bordeaux ont joué un rôle important dans le commerce transatlantique au cours duquel 15 millions d'esclaves ont été déportés.

En France le 4 février 1794, la révolution a aboli cette pratique avilissante. L'esclavage a été rétabli par Napoléon (partiellement) en 1802, son interdiction définitive interviendra le 27 avril 1848 par Victor Schoelcher. De façon immédiate, la loi Taubira de 2001 a reconnu l'esclavage comme crime contre l'humanité.

Le MACTe (une construction de 80 millions d'euros) a été inauguré ce 10 mai 2015 par François Hollande, avant d'ouvrir ses portes au public en juillet 2015. La France honore ainsi les victimes de l'esclavage et reconnait sa dette morale vis-à-vis des descendants d'esclaves noirs, mais ce centre de mémoire ne fait pas disparaitre les nombreux débats autour de l'esclavage. Certains estiment que l'esclavage n'ayant pas existé en métropole, la question des réparations est inopportune et le mémorial suffit à lui seul comme acte de repentance symbolique de la Nation française.

Pour les descendants d'esclaves, l'inorganisation, qui caractérise les associations qui portent cette question, finit par clore le débat sur les réparations éventuelles. La traite négrière ne mobilise pas les communautés noires elles-mêmes divisées sur la question et qui s'opposent verbalement. Il y a une mésentente notoire entre les associations africaines et antillaises sur la méthode et sur la façon de faire. J'en sais quelque chose car, membre fondateur du Conseil représentatif des associations noires et premier secrétaire général, nous n'avons jamais su porter cette question de manière stratégique auprès des institutions françaises et internationales.

Les Noirs viennent d'avoir leur centre de mémoire, c'est bien, mais pourquoi faire ? Il faut espérer que ce centre soit le point de départ de travaux historiques plus construits et plus réfléchis sur la question de la Traite négrière. Réfléchir sur un sujet passé permet d'éclairer l'avenir, or, concernant les populations noires, elles éprouvent énormément de difficulté à faire porter leurs propres revendications dans un monde qui se fracture et se mondialise en même temps.

Il reste aux associations noires à se battre contre les nouvelles formes d'esclavage qui aujourd'hui sont symbolisées par des traversées meurtrières en méditerranée.