La saison des lesbian et gay prides - qu'il convient désormais d'appeler Marches des fiertés - va bientôt démarrer, un peu partout en France. Après l'ouverture du mariage et de l'adoption pour les couples de même sexe, il y a deux ans, ces événements annuels revendicatifs et festifs ont-ils encore un intérêt ?

Je ne vais pas tourner des heures autour du pot car ce n'est pas dans mes habitudes : je n'ai jamais été un inconditionnel de la gay pride, bien que je sois homosexuel.

Jusqu'à présent, je n'ai défilé qu'une seule fois, en 2012, car j'attachais beaucoup d'importance à l'ouverture du mariage et de l'adoption pour les couples de même sexe. C'était l'occasion de rappeler au président de la République l'engagement qu'il avait pris en 2012, lorsqu'il était candidat à l'élection présidentielle.

Je me suis rendu également rendu deux ou trois fois au départ de la gay pride de Lille, sans toutefois participer au défilé. Je n'ai jamais été membre d'une association LGBT. J'ai toujours voulu garder mon indépendance d'esprit et mon sens critique.

Je suis pourtant un militant dans l'âme pour l'égalité des droits des couples homosexuels et contre l'homophobie. J'ai écrit de nombreux articles sur ce sujet lorsque je collaborais au Plus de L'Obs. La plupart d'entre eux ont connu un succès considérable.

Cette année, les revendications des lesbian et gay prides se concentrent sur la PMA (procréation médicalement assistée) pour les couples lesbiens et les droits des trans. Si je n'ai aucune réserve pour que les droits des trans évoluent en France de manière significative, je suis toutefois beaucoup plus réservé sur la PMA.

Je rappelle que l'engagement 31 du programme du candidat à l'élection présidentielle François Hollande, en 2012, était le suivant : « J'ouvrirai le droit au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels. » Il ne fait aucune mention de l'ouverture de la PMA pour les couples lesbiens, malgré le fait qu'au mois d'avril 2012, dans une interview accordée au magazine gay « Têtu », François Hollande déclarait qu'il y était favorable.

La PMA est autorisée en France uniquement pour les couples hétérosexuels stériles. Les femmes seules et les couples de lesbiennes n'ont pas la possibilité d'avoir recours à cette méthode de procréation médicalement assistée. Dans ce cas, peut-on encore parler de discrimination à l'égard des lesbiennes ?

Je comprends leur désir d'avoir un enfant, dans le cadre d'une relation stable. Par contre, le recours à un donneur de sperme anonyme me pose un problème. Je ne vais pas le cacher. Ma réserve concerne également les couples hétérosexuels.

J'entends souvent, ici et là, des militants homosexuels dire qu'ils ont été trahis par le président de la République. Ce n'est pas mon avis. Le mariage pour tous a été légalisé en mai 2013, il a donc respecté son engagement.

Suis-je fier d'être homosexuel ? Non, même si je n'ai absolument pas honte d'être tel que je suis. Etes-vous fier d'être hétérosexuel ? L'homosexualité et l'hétérosexualité sont des orientations sexuelles et affectives naturelles. Je n'ai jamais compris pourquoi on choisissait des noms tels que gay pride (fierté gay) ou Marche des fiertés pour qualifier ces événements revendicatifs, et surtout festifs, de la communauté homosexuelle.

Nous vivons dans une époque où, en France, les homosexuels sont de plus en plus intégrés dans la société, même s'il reste encore de gros efforts à faire pour lutter contre l'homophobie. La gay pride a-t-elle encore un sens ? Peut-elle faire encore faire avancer les choses ? Je n'en suis absolument pas certain.

La gay pride est surtout l'occasion de faire la fête. Que vous soyez homos, hétéros, bi ou trans. Elle a donc encore un sens. Sa portée revendicative, quant à elle, est de plus en plus limitée. #Homosexualité #Mariage gay