#Nicolas Sarkozy veut instaurer un modèle de dialogue et de participation politique en discutant directement avec les internautes. Cet exercice numérique peut être salué, mais les effets de celui-ci ne sont pas à la hauteur des objectifs souhaités par le président de l'#UMP et, demain, des Républicains.

Sarkozy a compris qu'il faut changer la relation avec les citoyens en dialoguant directement avec eux. Le problème est que toute la population n'est pas équipée de matériel numérique et seuls les internautes informés peuvent prétendre participer à cette démocratie numérique et directe. Le dialogue en "live" sur #Twitter a eu lieu via le hashtag #NSdirect. Ce fut un succès d'audience numérique car 59.000 questions ont été posées au président de l'UMP. Selon les estimations du parti, il y a eu 2,7 millions de vues et 50.000 hashtags. On peut se demander d'où vient la différence entre le nombre de questions (59.000) et le nombre de hashtags (50.000).

Au-delà de cet élément d'interrogation, on peut regretter une chose: l'absence de filtres entre les questions de fond, qui auraient pu donner une profondeur et une dimension nouvelle de l'utilisation de cet outil, et les questions futiles sur la taille du président de l'UMP et le nombre de ses mariages par exemple. On a appris que Nicolas Sarkozy avait quatre enfants de trois mariages différents, ce que l'on savait déjà et ce qui était complètement inutile par rapport à l'objectif poursuivi.

On peut regretter que cet exercice de communication, qui s'inscrit dans la stratégie globale du rapport de Nicolas Sarkozy aux Français, n'ait pas été réfléchi et maîtrisé en amont. Nous pouvons aussi déplorer que cette innovation politique se traduise par une moquerie sur les différentes chaînes de télévision. Où sont les équipes autour de l'ancien président pour apporter une contradiction au-delà de l'intervention du député Sébastien Huygues (5ième circonscription du Nord)?

Sakozy innove en changeant le nom du parti: l'UMP va devenir Les Républicains malgré le recours d'un collectif d'avocats et de nombreuses associations de gauche qui estiment que Nicolas Sarkozy n'a pas à confisquer la notion de "républicains" pour ses propres ambitions politiques alors que tous ceux qui aiment la République s'estiment républicains sans toutefois soutenir Nicolas Sarkozy.

Le retour de Nicolas Sarkozy aux affaires et à la tête de l'UMP est semé d'embûches. C'est dommage que l'ancien président soit tout seul à se battre pour faire exister la droite française républicaine face aux partis de la majorité socialiste et de gauche. C'est dommage que ceux qui étaient en avant dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012 et qui occupaient des postes importants de responsabilité, demeurent silencieux, se cachent et attendent l'ultime moment pour exister aux yeux du chef.

La vitalité de Nicolas Sarkozy est réelle. L'impression donnée est que tous les politiques qui se réclament de droite ou du centre-droit se planquent et que lui-seul est à l'abordage. L'opération du live tweet inutile était assez paradoxalement nécessaire. Nicolas Sarkozy est au travail et il est le seul à droite.