Et boum, vous avez cliqué. C'est que vous aussi, vous êtes l'esclave de pulsions mordibdes, mélangeant la mort, le sang et la haine. Vous êtes probablement de ceux qui commentent inlassablement tous les posts de la presse torchon, celle-là même qui racle les égoûts de la conscience humaine pour balancer son jus putride à la face des lecteurs. 

A mes yeux, vous ne valez pas beaucoup plus cher que les gens sur qui vous prenez la peine de cracher pendant des heures. Certes, vous n'avez pas de sang sur les mains, mais son odeur vous excite comme l'odeur de la charogne excite les vautours. En nourrissant vos instincts les plus primaires, vous encouragez certains "journalistes" à entrenir la psychose, vous justifiez les dérives sécuritaires, vous créez un climat basé sur la peur de l'autre. Je ne vous félicite pas.

 Evidemment, vous avez le droit de vous offusquer quand un crime abominable est commis près de chez vous. Mais ne parlez pas d'humanité quand la mort de milliers de migrants en Méditerranée vous indiffère. Non, si vous vous indignez, c'est par pur égocentrisme. La mort de quelqu'un qui vous ressemble un tant soit peu (qui a la même couleur de peau que vous) vous remue les tripes. La mort par noyade de familles entières à un jet de pierre de votre plage préférée vous fait commenter sur Facebook: "bah, ils n'avaient qu'à rester chez eux ces noirs, on ne peut pas accueillir toute la misère du monde."  Encore une fois, je ne vous félicite pas. Si ma mère m'avait mal éduqué, j'aurais même tendance à vous cracher mon mépris au visage.

Mais bon. Ainsi va le monde. Tant qu'il y aura des détraqués, certaines personnes seront fascinées par leurs forfaits. Et tant qu'il y aura des gens pour les admirer, il y aura des détraqués. Je ne vous juge pas, je vous ai déjà condamnés. Repentez-vous, montrez que vous valez mieux que cette populace grisée par l'odeur de l'hémoglobine et du foutre. Partagez cet article, faites tomber les masques de votre entourage. Vous valez peut-être mieux qu'eux.  #Fait divers