« La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques », cette phrase empruntée au discours du 9 mai 1950 prononcé par Robert Schuman alors que l'union de l'Europe n'était encore qu'un embryon d'idée, s'impose à moi en ces temps troublés où l'éclat des étoiles du drapeau européen ne cesse de faiblir.

Oublier les erreurs et poursuivre la construction dans l'union 

L'#Union Européenne rêvée par ce grand homme est aujourd'hui devenue un bouc émissaire, une échappatoire pour des gouvernements refusant d'assumer leurs erreurs et de mécontenter leur population. L'euroscepticisme commence d'ailleurs à se propager aux institutions de l'union elles-mêmes, l'existence depuis le 15 juin du groupe « Europe des nations et des libertés » au parlement, qui se compose de 36 députés unis par leur seule envie de détruire le fruit de plus de 60 ans de travail, en est un véritable symbole.

Devrions-nous pour autant scruter le passé pour rechercher l'erreur commise par les bâtisseurs de l'Europe nous ayant conduit à cette impasse ? Ou bien aller toujours plus en avant et parachever cet édifice en construction ?

De grands hommes, visionnaires et pacifistes, se sont attachés à poser les fondations de l'Europe unie que nous connaissons aujourd'hui, et les partenariats économiques et diplomatiques qu'ils ont créés sont, sans aucun doute possible, le ciment de la paix qui s'est installée au sein d'une union qui n'a cessé de s'agrandir. Cependant, certains pointent du doigt l'entrée de certains pays comme la Grèce ou encore l'ensemble des anciens satellites de l'URSS, alors que leur niveau de développement était trop éloigné du notre, comme la raison du dysfonctionnement actuel de l'union européenne ; d'autres fustigent les volontés politiques des traités de Maastricht, d'Amsterdam et de Lisbonne qui ont fait de l'Union Européenne une entité supranationale, violant de ce fait la souveraineté des états membres. Il est évident que les dirigeants européens ont fait des erreurs et que la maisonnée européenne possède de nombreuses failles ; mais à quoi sert de trouver un coupable ? Laissons donc les chimères du passé en paix et tournons les yeux vers l'avenir puisqu'il nous appartient de façonner l'Europe de demain.

Pour ma part, je pense que l'Union Européenne n'a d'intérêt qu'autant qu'elle conserve pour ligne de mire sa propre devise : « Unie dans la diversité ». Les 28 pays qui la composent doivent prendre conscience qu'ils forment un tout, qu'ils sont les membres d'un même corps qui ne peut fonctionner correctement que si tous coopèrent et agissent de manière solidaire. A l'heure où la Grèce et le Royaume-Uni envisagent la voie de l' « exit », je reste persuadée que l'union apporte et peut apporter plus encore d'avantages inestimables à condition qu'elle soit solide et repose sur un véritable sentiment d'appartenance à la citoyenneté européenne, sentiment hélas encore trop peu répandu et fragilisé par l'image déformée que les médias donnent de l'Union Européenne et la méconnaissance du fonctionnement de ses institutions.