Les terroristes ont donc réussi leur sinistre besogne jusqu’au bout. Non seulement ils ont semé la mort dans les rues de Paris, mais il ont en plus réussi à faire entrer la France dans une guerre aux conséquences incalculables. “La France est en guerre” a ainsi déclaré le Président de la République François Hollande, sans que les citoyens français ne puissent rien y faire. 

 

Désormais nous suivons à la télévision les raids de nos chasseurs bombardiers sur tel ou tel obscure terrain d’entraînement ou poste de commandement de Daech, à plusieurs milliers de kilomètres de France. Soudainement prête à tout, la France collabore avec la Russie pour combattre Daech. François Hollande remet même en cause le pacte de stabilité économique, 

auquel lui et son gouvernement ont si longuement travaillé, pour un ‘pacte de sécurité’ bien rapidement mis sur pied et dont le seul levier d’action est la guerre.  

 

Dans cette situation d’une extrême gravité, et malgré le désir de revanche - compréhensible - qui nous anime, nous devons pourtant nous poser les bonnes questions. Nous nous devons de calculer les conséquences d’une énième entrée en guerre au Moyen-Orient, sur les terres d’islam, sur des terres qui ne sont pas les nôtres. 

 

Qu’attendons-nous de cette guerre? Pensons nous vraiment qu’elle va amener la sécurité sur notre territoire national? Enfin, va-t-elle régler la grande menace de ce début de siècle, le terrorisme international? 

 

Les mêmes réponses inefficaces face au même problème du terrorisme

 

Dans l’immédiat, les frappes aériennes nous donnent l’impression de ne pas rester sans réaction et de trouver un exutoire aux inexcusables attentats de Paris. Sans doute, nos armées vont tuer des dirigeants de l’État Islamique alors que les images de bombardements impressionnants font la une du 20 heure de TF1 et France 2. 

 

Mais ce que nous devons réaliser, c’est que cette guerre va créer plus de terroristes qu’elle ne va en détruire. Le terrorisme international se nourrit, précisément, de notre interventionnisme en dehors de nos frontières. En frappant Paris, Daech veut nous amener sur son terrain d’action favori: il veut nous amener sur les champs de bataille du Moyen-Orient, il veut fanatiser les Musulmans du monde entier en agitant l’intrusion occidentale sur les terres d’islam, il veut nous amener à tuer des Syriens et des Irakiens dans nos bombardements. Et quand François Hollande dit vouloir éradiquer, dans le respect de nos valeurs, le terrorisme, il se fourvoie grossièrement. Il suffit de regarder l’histoire récente pour voir combien cette idée est illusoire et dangereuse. 

 

Les erreurs du passé sont trop évidentes pour être répétées

 

En entrant en guerre, François Hollande ne fait que rejouer la macabre comédie de l’administration américaine de Georges W. Bush dans les années 2000. Certes le contexte à évoluer et l’on pourra dire que l’Afghanistan n’est pas la Syrie ou l’#Irak. Pourtant, les problématiques restent les mêmes. 

 

Criant vengeance après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, les États-Unis et une partie de ses alliés partaient en guerre pour éliminer, d'un coup, le terrorisme international, Al-Qaïda, les Talibans et le régime de Saddam Hussein. 

 Résultat en novembre 2015, il reste toujours à éliminer, d’un coup, le terrorisme international, Al-Qaida, Daech et le régime de Bachar Al-Assad. Ce constat d'échec est encore aggravé par le fait que, depuis le 11 septembre, les pays démocratiques n'ont pas pu éviter de nouvelles attaques terroristes, souvent orchestrées par des fanatiques nés sur leurs propres sols. 

 

Il n’y a pas de raisons pour qu’une nouvelle guerre, menée par les mêmes puissances internationales sur des bases inchangées de lutte contre le terrorisme et sur un terrain d’opération similaire, parvienne à de meilleurs résultats. Une décennie après l’Irak et l’Afghanistan, il est temps pour l’Occident d’apprendre de ses récentes erreurs.  #François Hollande #Etat Islamique