Cela fait maintenant plus d'un an que tout le monde en parle. Najat Vallaud-Belkacem, Florence Robine (aka La Grande Prêtresse de la Réforme), une grande partie de la FCPE, la PEEP, le SGEN-CFDT et l'UNSA voient en eux le futur de l'#Education Nationale, le dispositif qui va permettre aux élèves de progresser, à tous les élèves de se passionner enfin pour l'Ecole.

 

Tous les autres syndicats enseignants (F.O., SUD Education, Le SNES, le SNALC et bien d'autres) qui se targuent de représenter 80% de la profession disent pis que pendre de ces EPI. Même au sein de la FCPE, un courant est en train de naître qui commence à crier haro sur le baudet.

 

Sur le papier: ça vend du rêve !

 

EPI : Enseignement Pratique Interdisciplinaire. Il s'agit de permettre à des enseignants de matières différentes d'unir leurs énergies autour de projets pratiques, qui permettront de travailler des points de leurs programmes respectifs, grâce au dit projet. Ils occuperont deux à trois heures de l'emploi du temps de l'élève.

 

Plutôt que de faire des mathématiques avec des chiffres et des formes qui ne servent à rien, on va enfin mettre du sens là-dedans ! Plutôt que de lire des trucs qui n'ont pas réellement d'intérêt pour les élèves, ils liront des notices de fabrication, ils feront des recherches sur Internet afin qu'ils produisent quelque chose. Ils s'exprimeront. Et l'on pourrait décliner tout cela pour chaque matière. D'ailleurs, grâce aux EPI, il n'y a plus réellement de matières. Le savoir devient transversal, il y a une porosité entre ces programmes désincarnés et cloisonnés que l'on avait jusqu'à présent ! Madame Robine lança même un jour : "Les enseignants ne prépareront plus leurs cours dans leur petite chambrette..."

Voilà, du sens quoi !

 

Mais alors! Pourquoi tant de Haine?

 

La principale objection des enseignants dits non-"Progressistes" est le fait qu'un EPI ne vient pas en plus ! Il est pris sur les heures de cours des élèves. Là, arrêtons-nous un instant. Les élèves, dès la rentrée 2016, auront 26 heures de cours - PAS UNE DE PLUS - et dans ces 26 heures, deux à trois heures seront des heures d'EPI.

 

Comme il y aura déjà une à deux heures par semaine prise(s) pour faire de l'AP (de l'Aide Personnalisée en CLASSE ENTIERE et non de l'aide individualisée comme l'a récemment laissé entendre notre Ministre sur France Inter le 4 Mai 2016 !). Nous disons bien prise(s) car encore une fois, cela fera partie des heures de cours !

 

Pour nombre d'enseignants, d'esprits chagrins, le calcul est simple, car c'est une simple soustraction :

26 heures de cours - (2 ou 3 heures d'EPI + 1 ou 2 heures d'AP) = 22 les v'là

D'aucuns répondront qu'en réalité, il ne faut pas voir les choses ainsi. Les EPI et l'AP font partie des cours, ils sont des cours. Ils sont simplement mis en oeuvre à travers des pédagogies enfin centrées sur les élèves. D'ailleurs tous les cours devraient être ainsi... Mais lorsque l'on s'intéresse aux contenus, on s'aperçoit vite que non, les EPI ne permettront pas de travailler des éléments du programme de manière satisfaisante...

 

Des exemples tirés de manuels scolaires qui piquent un peu les yeux.

 

Quelques précisions avant de montrer des exemples assez clairs. Les manuels scolaires sont le fruit de commandes du Ministère, ou tout du moins sont un secteur de dépense très important. Les manuels scolaires sont des productions d'éminents enseignants qui sont des émanations de ce qui se fait de mieux dans les cartons de l'institution. Ces précisions sont extrêmement utiles car dès les premières objections ou railleries au sujet des exemples suivants, des membres de l'Institution se sont empressés de préciser que les éditeurs pouvaient mal comprendre l'esprit de la Réforme. Les éditeurs éditent, ils n'écrivent pas...

 

 

 

Il est important que l'élève ait du plaisir à apprendre. Mais si dans tout cela on réduit le 'apprendre' à la portion congrue, on ne garde que le gadget.

 

La ministre rêve, les enseignants hallucinent

Réforme du collège, la confusion règne #Gouvernement