On lit et on entend que la dispersion syndicale en ce 1er Mai est la preuve de l'échec du syndicalisme. Cette affirmation est bien rapide. La fusion dans l'action n'est guère plus garante de réussite. La dispersion des syndicats est une forme possible de manifestation de la résistance à un système économique, source d'inégalités sociales violentes. L'uniformité des manières de faire traduit bien souvent  une pensée routinière et conformiste, car figée dans sa conception de la résistance sociale. Or, la société ne cesse de se transformer, rendant nécessaire une mobilité de la réflexion à son propos, ainsi que des modalités d'action.

 

Ce type d'argument qui tend à établir l'échec du syndicalisme, s'appuie essentiellement sur des faits. Induire une vérité d'ordre général à partir de ce type d'observation risque fort de nous conduire à l'erreur, ou à un certain relativisme. Les faits observés sont certes exacts, au sens où à l'instant "t" ils sont ainsi. Mais de là à se projeter dans des prévisions à plus ou moins long terme, c'est une autre histoire. Dans l'un de ses textes à propos de  la logique, Russell fait le récit d'une poule qui tous les matins à la même heure voit surgir la fermière lui apporter du grain. Elle est intelligente la poule : elle a compris que voir la fermière, c'était manger à coup sûr. Sauf que cette dernière a le choix de changer ses rituels. Le dimanche elle arrive comme à l'habitude : la poule confiante s'approche...mais ce dimanche c'est "poule au pot". L'induction a ses limites. Ce n'est pas parce que le soleil se lève ce matin, qu'il en sera nécessairement ainsi demain.

 

Revenons à la lutte syndicale et ses limites. C'est vrai qu'elle s'essouffle dans sa forme représentative, tout comme la #Démocratie. Cela signifie l'urgence de repenser un nouvel espace où se syndiquer est plus qu'une addition grégaire d'intérêts particuliers, un lieu où on peut s'exprimer à égalité, sans que des professionnels confisquent la parole. Le débat aujourd'hui est celui de la démocratie représentative. Pourquoi le syndicalisme y échapperait-il? La dispersion idéologique des syndicats, leurs antagonismes permettent la libre discussion.

 

A force de techniciser les questions relatives au droit du travail, on oublie que le web est aussi un outil capable de répondre à certaines questions. Se syndiquer seulement par intérêt carriériste, ou par souci d'un soutien contre un patron, réduit le syndicat à une partie congrue de son véritable rôle qui devrait être de repenser avec les travailleurs et les chômeurs le sens du travail.

 

Mais pour cela il faut oublier le consensus, s'en remettre au dialogue contradictoire et accepter la dispersion des opinions.

 

Les exilés du travail en ce jour de fête du 1er Mai

Le chanteur Prince est mort, il avait 57 ans !

Quel modèle démocratique rejette la jeunesse? #Chômage #Crise économique